Le Bitcoin suscite la méfiance des régulateurs

le 06/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque de France publie un rapport critique. Son homologue chinoise calme le jeu en interdisant à ses banques de prendre part à son utilisation

Pièce de 25 bitcoins. Photo: Tomohiro Oshumi/Bloomberg

Qui a peur des Bitcoins? «En limitant la quantité maximale de bitcoins pouvant être créés et en faisant fluctuer le rythme de création au cours du temps, les concepteurs ont «organisé» la pénurie de cette monnaie virtuelle et lui ont ainsi conféré son caractère hautement spéculatif», explique la Banque de France dans un rapport consacré à la monnaie virtuelle publié hier.

La quantité de monnaie créée par le système est ainsi limitée par le programme à 21 millions d'unités. Ce qui expliquerait largement la flambée de son cours, supérieur au seuil des 1.000 dollars par unité, contre moins de 250 dollars début novembre et moins d'un dollar avant février 2011, selon l’autorité qui met en avant le fait que la garantie légale de remboursement n'est pas assurée.

Ayant pourtant alimenté cet engouement par l'instauration d'une plate-forme d'échange des Bitcoins (BTCChina) devenue leader en termes de volumes échangés, la Chine souhaite à présent également calmer le jeu sur cette monnaie sans banque centrale ni régulation. Elle a interdit formellement aux banques du pays de s’associer de quelque façon que ce soit à son utilisation. Déjà en proie à une lutte contre les effets du «shadow banking», la Banque Populaire de Chine a ainsi rappelé que les Bitcoins «ne sont pas émis par une autorité monétaire, et ne remplissent pas les conditions légales d’une monnaie».

Citigroup explique cette flambée des cours par la recherche de valeurs alternatives dans un contexte où les grandes banques centrales accroissent très fortement la taille de leur bilan. Pourtant, le phénomène reste limitée, avec 12 millions de Bitcoins en circulation, soit une valeur totale d’environ 12 milliards de dollars, contre 12.000 milliards de billets verts en circulation. La Fed de Chicago estime que 30 Bitcoins par minute ont été échangés en moyenne sur les six derniers mois, contre une moyenne de 200.000 transactions Visa. «Si les Bitcoins devaient devenir plus largement acceptés, il est peu probable qu’ils soient exemptés de contrôle de la part des autorités», ajoute la Fed de Chicago.

Le gouvernement allemand l’a officiellement reconnue en août comme unité de compte, en se félicitant de la «concurrence dans la production de monnaie». Aux Etats-Unis, Ben Bernanke a estimé qu’elle «pourrait promouvoir un système de paiement plus rapide, sûr et efficace» à long terme, et surtout moins cher, alors que le Canada a inauguré son premier distributeur automatique de Bitcoins.

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