Bitcoin franchit pour la première fois la barre des 1.000 dollars

le 28/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La monnaie virtuelle a vu sa valeur quintupler en seulement un mois, alors que les autorités de marché reconnaissent sa légitimité

Bitcoin connaît-il une poussée de fièvre passagère ou l'amorce d'une reconnaissance durable ? La trajectoire de cette monnaie virtuelle au cours des dernières semaines, portée par une forte demande chinoise, laisse songeur. Sur la plate-forme Mt. Gox, la valeur du Bitcoin a dépassé pour la première fois mercredi la barre symbolique des 1.000 dollars, cinq fois plus que début novembre. Et il y a encore un an, Bitcoin se négociait entre 12 et 13 dollars.

La fermeture de Liberty Reserve en mai dernier, puis celle en octobre de Silk Road - un site marchand qui utilisait Bitcoin comme monnaie d'échange pour des activités illégales (achats de drogue ou d'armes) - ont démontré la vigilance des autorités américaines sur le sujet. Bitcoin, qui fonctionne selon un modèle ouvert et consensuel, n'est régulé par aucun pays ni autorité bancaire. Il y a actuellement plus de 12 millions de bitcoins en circulation, selon Bitcoincharts, et la croissance de la masse monétaire est mécaniquement restreinte par le processus de «minage»; des bitcoins sont générés par le réseau en échange d'un traitement et d'une sécurisation des transactions.

Une audition devant le Sénat américain en novembre a également contribué à redonner un peu d'éclat à la monnaie virtuelle, dont la paternité du concept est attribuée à un mystérieux japonais (ou groupe d'individus), dénommé Satoshi Nakamoto. Les autorités de marché se sont succédé pour expliquer que même si Bitcoin pouvait être utilisé à une fin frauduleuse, comme tout instrument financier, il pouvait aussi être considéré comme un moyen d'échange légitime.

«Les jalons tendent à fournir une certaine forme de validation, bien qu'ils soient entièrement arbitraires», estime Nicholas Colas, chef stratégiste chez ConvergEx. Bitcoin commence à sortir de l'anonymat et à se faire accepter, parfois de manière surprenante. L'université de Nicosie (Chypre) a ainsi indiqué qu'elle autorisait Bitcoin dans ses murs, pour régler les repas à la cafétéria ou même les frais de scolarité.

Si une acceptation sociale et économique, encore modeste, se dessine, la barrière politique s'annonce redoutable. En tant que monnaie virtuelle, open source, anonyme,  suspectée de favoriser l'évasion fiscale et associée à des activités illégales, Bitcoin devrait être combattu avec vigueur par les gouvernements.

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