La Réserve fédérale phosphore sur l'après-QE3

le 21/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Lors de sa réunion d'octobre, le FOMC a évoqué la possibilité d'un abaissement du taux de sa facilité de dépôt, actuellement fixé à 0,25%

Photo: Bloomberg

Tout en se gardant bien de livrer au marché de nouveaux indices sur le calendrier de sortie de sa politique d'assouplissement quantitatif - troisième du genre (QE3) - le conseil de politique monétaire (Federal Open Market Committee, FOMC) de la Fed a néanmoins planché sur les moyens de contrebalancer les effets négatifs d'une éventuelle inflexion. 

Parmi les outils possibles figure l'abaissement du taux de rémunération des réserves excédentaires des banques, actuellement fixé à 0,25%. Selon les «minutes» de la réunion d'octobre, les participants considèrent dans leur ensemble qu'une telle diminution «pourrait valoir la peine d'être étudiée à un certain stade, bien que les avantages tirés d'une telle démarche sont généralement perçus comme modestes sauf, peut-être, pour signaler des intentions de politique (monétaire)», souligne le compte-rendu.

Les autres options débattues concernent la possibilité d'abaisser le seuil d'un taux de chômage de 6,5% fixé comme déclencheur d'une hausse des taux d'intérêt. Si quelques membres ont soutenu cette idée, d'autres ont estimé que cela risquerait de brouiller la position de la Fed. Lors d'un discours prononcé mardi soir, son président Ben Bernanke s'est voulu rassurant en affirmant que les taux devraient rester à un niveau proche de zéro pendant une longue période, et peut-être même après que le seuil des 6,5% soit franchi.

De même, l'option visant à renforcer la communication du FOMC autour du fait qu'il ne relèvera pas les taux si l'inflation reste en dessous d'un certain niveau a été jugée difficile à mettre en place. Le président de la Fed de St. Louis, James Bullard, a notamment poussé en faveur d'une communication renforcée sur ce sujet.

Si les responsables du FOMC ont voulu montrer qu'ils préparaient l'avenir, quelle est leur posture à plus court terme ? Les «minutes» indiquent que les participants considèrent dans leur ensemble que les données économiques devraient correspondre aux prévisions de la Fed d'une amélioration continue des conditions du marché du travail et justifieraient dès lors la réduction du rythme des achats d'actifs dans les prochains mois. James Bullard, membre votant du FOMC, a déclaré hier soir à Bloomberg TV que le rapport de l'emploi de novembre serait déterminant dans la mise en route éventuelle du «tapering» en décembre.

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