«La décision de la BCE a d’ores et déjà eu un impact sur l’euro»

le 18/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Frederik Ducrozet, économiste zone euro chez Crédit Agricole CIB

- L'Agefi : La baisse de taux de la BCE peut-elle avoir un effet durable sur l’euro ?

- Frederik Ducrozet : La décision de la BCE a d’ores et déjà eu un impact sur l’euro, même si ce n’est jamais l’objectif avoué. En pratique, la BCE sait pertinemment que les variations du change ont un impact important sur l’activité et sur l’inflation – sur cette seule base, il n’est pas exclu que la BCE signale son intention d’assouplir encore son réglage monétaire. Les commentaires de Peter Praet (sur la possibilité de taux négatifs et de rachats d’actifs) vont dans ce sens, limitent toute appréciation de la devise et renforcent la forward guidance. Pour savoir si la baisse de l’euro/dollar sera durable, il faut se tourner vers les Etats-Unis, et espérer que les indicateurs restent bons, que la Fed amorce son «tapering» et, enfin, que le dollar s’apprécie pour de bonnes raisons. C’est ce dernier point qui me semble le plus incertain.

- Quelles sont les perspectives pour la livre après la publication du rapport sur l’inflation de la BoE ?

- Le rapport sur l’inflation de novembre suggère qu’une hausse du taux directeur pourrait être envisagée par la BoE dès la mi-2015. Le taux de chômage se rapproche par ailleurs du seuil de 7% fixé par la BoE dans le cadre de sa forward guidance. Ceci plaide pour des pressions haussières sur la courbe des taux et la livre, même si ces dernières devraient aller en s’atténuant, pour deux raisons: la devise s’est déjà appréciée de 5% en termes effectifs depuis l’été; un ralentissement de la croissance et de l’inflation est probable à court terme. Nous préférons jouer toute nouvelle appréciation de la livre contre l’euro plutôt que contre le dollar.

Panel change
ZOOM
Panel change

A lire aussi