SAC Capital va payer une amende record dans une affaire de délit d’initié

le 05/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds d’arbitrage américain, qui versera 1,8 milliard de dollars, sera aussi contraint de cesser son activité de conseil en investissement

Accusé de délits d’initiés ayant débuté dès 1999, le fonds d’arbitrage américain SAC Capital Advisors a accepté de plaider coupable auprès d’un tribunal de Manhattan pour mettre un terme à des poursuites civiles et pénales, en s’acquittant d’une amende globale de 1,8 milliard de dollars, un montant record dans ce type d’affaires. Il devra également mettre fin à son activité de conseil en investissement.

Son fondateur Steven A. Cohen, 57 ans, qui n’a pas été mis en accusation au pénal, fait néanmoins toujours face à une procédure administrative ouverte en juillet par la Securities and Exchange Commission (SEC). Le montant de 1,8 milliard inclut cependant 616 millions de dollars que celui-ci a accepté de payer à la SEC pour mettre fin en mars dernier à une autre procédure civile intentée par le gendarme boursier.

Cherchant à minimiser l’ampleur des fautes commises, Jonathan Gasthalter, porte-parole du fonds d’investissement, a souligné que «le petit nombre de gens qui ont mal agi n’est pas représentatif des 3.000 hommes et femmes honnêtes qui ont travaillé pour la société au cours des 21 dernières années». Un point de vue qui contraste fortement avec celui d’April Brooks, enquêtrice du FBI en charge des affaires criminelles au bureau de New York. Elle a en effet déclaré hier au cours d’une conférence de presse que le fonds d’arbitrage «s’attachait à recruter les meilleurs talents, en leur donnant les moyens de contourner les canaux de communication traditionnels», ceux-ci devant être «prêts à recevoir des informations confidentielles pour nourrir leurs pratiques illicites».

Cet accord ne signifie d’ailleurs pas que SAC est tiré d’affaires, car il ne procure «aucune immunité face aux prérogatives du gouvernement de poursuivre tout individu soupçonné d’une conduite criminelle», peut-on lire dans le mémorandum déposé par le gouvernement auprès du tribunal.

Plusieurs gérants de portefeuilles et analystes travaillant ou ayant travaillé pour SAC Capital vont d’ailleurs avoir affaire à la justice au cours des prochains mois, ce qui devrait mettre davantage en lumière les pratiques contestables du fonds. Alors que les actifs sous gestion de SAC atteignaient 15 milliards de dollars début 2013, ils devraient être descendus à 9 milliards en fin d’année, de nombreux clients ayant retiré leurs avoirs au fur et à mesure de la progression de l’enquête gouvernementale.

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