La Serbie se tourne vers le Moyen-Orient pour sortir de l'ornière

le 09/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Rejeté par le FMI, le pays en quasi-faillite espère obtenir 3 milliards de dollars de prêts d'ici fin 2014 de la part des Emirats à des taux favorables

Le pays est en quasi-faillite, mais nous allons faire de notre mieux pour l’éviter. Nous sommes proches de la faillite dans le sens propre du terme, et les mesures pour assurer la reprise économique seront douloureuses, et impopulaires». Tels sont les mots prononcés en début de semaine par Aleksandar Vucic, le vice-Premier ministre de la Serbie pour décrire l’état économique actuel du pays confronté à un taux de chômage de 25%, à un déficit budgétaire de 7,5% de son PIB et à une dette publique qui est passée de 33% à 65% du PIB depuis 2008.

«Nous devons réduire le niveau des salaires du secteur public, en commençant par les politiciens», a ajouté Aleksandar Vucic. Une mesure qui touchera entre 300.000 et 500.000 personnes dans un pays qui compte 7,2 millions d’habitants, pour des économies annuelles de 200 à 300 millions d’euros.

Cet ancien militant de la Grande Serbie et proche du dictateur Slobodan Milosevic qui a orchestré une politique anti-musulmans à la fin des années 1990, espère à présent obtenir de la part des Emirats Arabes Unis (EAU) un prêt d’un milliard de dollars d’ici à la fin de année, et d’un montant total de 2 à 3 milliards d’ici la fin de l’année prochaine (soit 8% du PIB serbe). Ce rapprochement contre nature mais servant les intérêts économiques des deux parties, fait suite au gel par le FMI d’une ligne de crédit d’un milliard de dollars au pays, qui doit débuter les négociations pour rejoindre l’Union européenne l’année prochaine. Le Fonds a ainsi sanctionné l’ancien gouvernement début 2012, pour n'avoir pas honoré ses engagements en termes de réduction de ses dépenses publiques.

La Serbie espère obtenir «des conditions favorables» de prêts, l’EAU étant prête à lui facturer des taux d’intérêt bien inférieurs à ses conditions de marché. Le rendement des obligations à 8 ans a atteint 6,82% hier. La moitié du milliard de dollars obtenu cette année servira à rembourser les emprunts actuels les plus chers contractés auprès d’investisseurs étrangers, le reste devant être «injecté dans l’économie».

Mais la démarche des Emirats n’est pas désintéressée. Un fonds d’Abu Dhabi, Mubadala, a signé un accord la semaine dernière lui ouvrant l’accès à des prises de participations en Serbie dans les semi-conducteurs, les centres de données, et l’aérospatial. Les fonds des EAU pourraient cibler les secteurs de l’agriculture et de la défense.

A lire aussi