Le FMI dresse un tableau morose de l’économie

le 09/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La zone euro devrait voir sa croissance rebondir, à 1% en 2014 malgré un chômage persistant

Intervention d’Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI. Photo : Andrew Harrer/Bloomberg.

«La reprise se poursuit mais elle est encore trop lente». Tel est le message véhiculé hier par Olivier Blanchard (photo), l’économiste en chef du FMI, à l’occasion de la publication de son rapport sur les Perspectives économiques mondiales. L’incertitude entourant les conséquences du ralentissement du programme de rachats d’actifs de la Réserve fédérale (Fed) aux Etats-Unis, ainsi que le rééquilibrage en Chine sont les deux principaux déterminants de la nouvelle réduction des perspectives de croissance de l’économie mondiale par le FMI.

L’organisation a une nouvelle fois abaissé ses prévisions, et table désormais sur une croissance mondiale de 2,9% cette année, soit 0,3 point de moins que sa précédente estimation en juillet, et de 3,6% en 2014, contre 3,8% prévu en juillet. Et «deux événements récents vont certainement déterminer le rythme de l’économie globale à court terme», précise le rapport qui se réfère aux deux premières économies mondiales.

«L’impulsion sur l’économie mondiale doit venir des Etats-Unis», estime le FMI qui table sur un rebond de la croissance américaine de 1,6% en 2013 à 2,6% en 2014, notamment du fait du relâchement de la contrainte budgétaire qui a ôté 2,5 points de croissance cette année, mais seulement 0,75 point l’an prochain. «Le séquestre est une mauvaise manière de consolider les finances publiques, et les conflits entourant la hausse du plafond de la dette pourraient aboutir à une nouvelle période d’incertitude déstabilisante, et à une croissance affaiblie», alerte Olivier Blanchard.

Mais les Etats-Unis sont également confrontés au défi entourant la nécessaire sortie de la politique ultra-accommodante de la Fed. «Les marchés sont de plus en plus convaincus que la politique monétaire américaine est à un tournant, ce qui a conduit à une forte augmentation non prévue des rendements à long terme aux Etats-Unis ainsi que dans nombre d’autres économies, et ceci malgré la décision récente de la Fed de maintenir ses rachats d’actifs».

Un changement de politique monétaire aux Etats-Unis engendre de forts risques de contagion dans les pays émergents «où l’activité ralentit et la qualité des actifs s’affaiblit», et devrait inciter la Fed à soigner sa communication. C’est d’ailleurs au sein de ces économies que les prévisions de croissance ont subi les plus fortes révisions à la baisse, de 0,5 et 0,4 point en 2013 et 2014, à respectivement 4,5% et 5,1%.

Le FMI ajoute qu’«il existe une conviction croissante que la Chine verra son économie croître à un rythme plus lent à moyen terme que dans le passé récent», ce qui devrait affecter les économies exportatrices de matières premières. Le Fonds table sur une croissance de l’économie chinoise de 7,6% cette année et 7,3% en 2014, soit respectivement 0,2 et 0,4 point de moins qu’en juillet.

Seule bonne surprise: la croissance en zone euro devrait rebondir à 1% l’année prochaine, après une contraction du PIB de 0,4% cette année. «L’activité se stabilise dans les pays périphériques et affiche même une reprise dans les économies cœur». La croissance allemande devrait passer de 0,5% cette année à 1,4% en 2014, et la croissance française de 0,2% à 1%, contre respectivement -0,1% et +0,9% projetés en juillet. Le taux de chômage devrait néanmoins rester élevé à 12,2% en zone euro, et 11,1% en France.

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