Génie de l'autodestruction

le 04/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La gestion d’actifs est un point fort de la finance

française, et c'est tant mieux car son rôle est capital dans le financement de

l’économie dont le gouvernement prétend faire une priorité. Mais à coups

d’arbitrages brutaux ou sournois, qu’il s’agisse des transactions financières

ou des « pigeons », l’exécutif s’évertue à saper sa prospérité contre

toute raison. C’est ainsi que Bercy entend modifier, dans une totale opacité,

la fiscalité applicable aux OPCVM, surtout les FCPR, tournés vers le capital

investissement. Cette fois, ce sont les investisseurs étrangers qui sont visés,

par le biais d’une taxe de 30% sur les plus-values. Bercy affirme agir par souci

de cohérence, et assure que des abattements seront consentis en fonction de la durée de détention.

Mais comment ne pas relever sa volonté de dissimulation ? Cette mesure a été prise

sans concertation et est de surcroît présentée en des termes incompréhensibles

dans le budget même pour des fiscalistes chevronnés ! Quant à la réaction

des étrangers, sachant que la rémunération naturelle des capital-investisseurs est

la plus-value, elle ne fait guère de doute : la France perdra de sa propre initiative, par une

sorte de génie de l’autodestruction, une nouvelle bataille dans la guerre de la

compétitivité face aux autres places européennes. « Notre prochain fonds ne sera sans doute pas

un FCPR mais un ‘limited partnership

luxembourgeois », soupire un grand acteur de la Place. Comme le lui

reprocher ?

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