Amundi vise 100 milliards d’euros d’encours en gestion ISR à fin 2015

le 04/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le premier gérant européen compte à la fois convertir ses fonds et conquérir de nouveaux mandats

Yves Perrier, le directeur général d’Amundi, se veut catégorique : «l’approche ISR (investissement socialement responsable, qui intègre des critères extra-financiers liés à l’environnement, au social et à la gouvernance, ndlr) n’est pas une démarche marketing». Le gérant aux 750 milliards d’euros d’encours, dont 9% (soit 66 milliards d’euros) en gestion ISR, nettement devant Allianz GI et BNP Paribas IP, entend insuffler un nouvel élan après la croissance modérée enregistrée depuis un an. Le groupe affiche par ailleurs 750 millions d’euros d’encours d’épargne solidaire.

La filiale du Crédit Agricole vise à horizon fin 2015 un total d’encours ISR de 100 milliards d’euros. Pour atteindre cet objectif à deux ans, la société entend avancer sur deux fronts : une poursuite de la conversion des fonds existants et une conquête de mandats auprès des institutionnels, notamment à l’étranger. Ces derniers représentent près des trois quarts (73%) des clients, devant les réseaux (15,5%) et l’épargne salariale (11,5%). «La demande des particuliers est marginale pour le moment», reconnaît Yves Perrier.

Pour justifier ses ambitions, Amundi met en avant une approche «best in class» universelle (4.600 émetteurs notés, dont 33% sont exclus), une démarche proactive (pré-alertes envoyées concernant des résolutions présentées en AG) et un dispositif «robuste» (20 analystes spécialisés, 8 fournisseurs de données extra-financières…). Amundi a également mis en place une gouvernance dédiée, avec un comité de pilotage, un comité de notation et un comité consultatif composé d’experts externes.

Il faut néanmoins souligner que les fonds ISR d’Amundi ne sont plus labellisés par Novethic, la société de gestion dénonçant un taux de sélectivité excessif. Pour prévenir les critiques, Amundi a obtenu de l’Afnor la certification engagement de service «démarche ISR - critères environnementaux, sociaux et de gouvernance de la gestion de portefeuille», une première pour une gestion française.

Alors que le gouvernement songe à la création d’un label ISR, avec la proposition 14 du rapport Brovelli-Drago-Molinié, Amundi s’interroge sur le cahier des charges. «Et si label il y a, il doit être européen», martèle Yves Perrier, qui défend plutôt une démarche de certification généralisée des «asset managers».

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