La France se confronte à la hausse des taux

le 26/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La charge de la dette ne devrait pas déraper en 2014 alors que Paris prévoit d'emprunter 174 milliards d'euros

L’AFT prévoit d’émettre 174 milliards d’euros de dette en 2014. Illustration L'Agefi.

Pour la dette française, le millésime 2013 restera exceptionnel. Le taux moyen pondéré des émissions réalisées sur les neuf premiers mois de l’année est tombé à 1,49%, un record. Mais le pays doit se préparer à la remontée des taux en même temps qu’il accroît son appel au marché. L’Agence France Trésor prévoit d’émettre 174 milliards d’euros de dette à moyen et long terme en 2014, soit 5 milliards de plus que cette année, pour refinancer 104,8 milliards de tombées et un déficit que le projet de loi de finances présenté hier fixe à 70,2 milliards.

A ce stade, la charge de la dette ne devrait toutefois pas déraper. Elle est attendue cette année à 45 milliards d’euros en exécution contre une prévision de 46,9 milliards dans la loi de Finances initiale (LFI) votée fin 2012. L’écart favorable provient non seulement de la baisse des taux jusqu’en mai, mais aussi de la faiblesse de l’inflation qui réduira de 1,3 milliard le coût estimé des BTAN et OAT indexés.

Pour 2014, le budget table sur une charge de la dette en hausse, à 46,7 milliards, mais qui reste inférieure à celle qui figurait dans la LFI 2013. Même si les taux remontent, la France continuera à bénéficier du faible coût des stocks de dette émis en 2012 (à un taux moyen de 1,89%) et cette année. Un effet durable puisque la maturité moyenne de la dette française atteint désormais 7,1 ans après avoir été rallongée d’un an depuis 2007.

L’Agence France Trésor s’est par ailleurs donné une marge de sécurité dans ses hypothèses de travail. «Nous avons pris un scénario de taux prudent pour 2014, au-dessus du consensus des prévisions et des taux forwards, avec une hypothèse de taux à 10 ans à 3,3% en moyenne et de taux à 3 mois à 0,34%», explique Ambroise Fayolle, directeur général de l’AFT. Hier, les deux références traitaient à 2,36% et 0,05% respectivement. La prévision d’inflation pour l'an prochain est à 1,3%.

Le relèvement des taux à partir de leurs planchers historiques peut aussi soutenir la demande. «Sur 2012 et une partie de 2013, nous avons noté des achats asiatiques très importants, précise Ambroise Fayolle. Dans le mouvement de remontée des taux depuis mai, on voit aussi des rachats importants de grands investisseurs français, assureurs ou banques, qui avaient gardé beaucoup de liquidités».

La hausse du programme d’émission 2014, qui sera détaillé en décembre, intervient après trois années de baisse. En net des tombées, la variation est même plus importante (+6,9 milliards) à 69,2 milliards. Pour financer le dérapage budgétaire en 2013, l’Agence France Trésor a préféré accroître de 8,1 milliards son recours aux bons du Trésor plutôt que de modifier en cours d’année son programme à moyen long terme (169 milliards, dont 153,1 milliards déjà levés).

En 2014, au contraire, le stock de BTF restera stable. Par ailleurs, l’AFT a encaissé cette année pour 4 milliards d’euros de primes d’émission – grâce à la baisse des taux, lorsqu’elle abonde sous le pair des souches anciennes qui portent un coupon plus élevé. Un phénomène sur lequel elle ne compte guère l’an prochain.

L’AFT s’est efforcée en parallèle de réduire les tombées en rachetant par anticipation dès 2012 des titres arrivant à échéance en 2014. Cette année, à fin septembre, elle a déjà racheté pour 19 milliards d’euros de titres arrivant à maturité en 2014, pour leur grande majorité, et en 2015.

L’AFT prévoit d’émettre 174 milliards d’euros de dette en 2014. Illustration L'Agefi.
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L’AFT prévoit d’émettre 174 milliards d’euros de dette en 2014. Illustration L'Agefi.

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