«La communication de la Fed n'a pas été optimale»

le 23/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

René Defossez, stratégiste taux chez Natixis

- L'Agefi : quelles sont les conséquences de la réunion de la Fed pour les taux européens ?

- René Defossez : La Fed a surpris en estimant que la situation économique ne lui permettait pas de réduire ses achats d’actifs. Cette surprise a été chaleureusement accueillie. Elle n’est pourtant pas aussi bonne que cela. Elle suggère d’une part que la croissance américaine est encore loin d’être auto-entretenue, d’autre part que la communication de la Fed n’a pas été optimale. Les marchés obligataires européens profitent de cette décision par contagion. Les obligations des pays périphériques de la zone euro surperforment le Bund, puisque la perspective d’une remontée généralisée des taux liée à un éventuel «tapering» contrariait leur stratégie budgétaire. Mais la Fed n’a fait qu’acheter du temps. Tôt ou tard, elle réduira ses achats d’actifs. Cette perspective, associée aux «forward guidances» de la Fed et de la BCE, devrait garantir des courbes de taux européens très pentues.

- Pourquoi pariez-vous sur un nouvel assouplissement de la part de la BCE ?

- Il y a quatre justifications principales à une nouvelle baisse des taux européens. 1/ l’activité, qui reste faible, même si les chiffres récents étaient meilleurs que prévu ; 2/ la volonté de contrer, au moins en partie, les effets du tapering de la Fed. La BCE ne peut pas décorréler le Bund du T-note. Elle peut en revanche affaiblir la corrélation en baissant le taux repo ; 3/ la réduction du coût de financement des banques ayant difficilement accès au marché interbancaire ; 4/ la volonté d’éviter une forte appréciation de l’euro. L’histoire récente montre que la perspective du tapering n’a pas été baissière pour l’euro, que l’éloignement de cette perspective est fortement haussier pour l’euro.

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