Le gouvernement revoit ses prévisions de déficit à la hausse

le 12/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le déficit budgétaire sera de 4,1% du PIB cette année et de 3,6% en 2014. Bercy promet de mettre l'accent sur les économies dans le prochain budget

Photo: PHB

Le gouvernement a dévoilé les grandes lignes du projet de loi de Finances 2014, qui table sur un déficit plus haut que prévu l’année prochaine. La plus grande partie de l’effort budgétaire doit être réalisée par des économies et sera détaillée le 25 septembre.

Pour élaborer son budget, le gouvernement a parié sur une croissance de 0,9% en 2014. C’est moins qu’anticipé dans le programme de stabilité présenté en avril (1,2%). La prévision de croissance pour 2013 a en revanche été réaffirmée à 0,1%. Le déficit a été revu à la hausse. Il devrait ressortir à 4,1% du PIB en 2013, contre 3,7% annoncés au printemps.

Le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, explique ce dérapage par l’effet de la conjoncture sur les recettes fiscales (notamment la TVA et l’IS) et par une révision de la contribution en faveur de l’Union européenne. En 2014, le déficit budgétaire serait ramené à 3,6% du PIB. Dans le programme de stabilité, présenté avant que la Commission n’accorde un délai supplémentaire d’un an à la France pour respecter le pacte de stabilité et de croissance, il devait passer à 2,9%. «Les prévisions pour 2013 et 2014 nous semblent raisonnables», écrit l’économiste de JPMorgan, Raphael Brun-Aguerre.

Afin de diminuer le déficit, le gouvernement promet un effort de 18 milliards d’euros. Il comportera 15 milliards d’euros d’économies de part de l’Etat, des opérateurs et des collectivités locales. Le budget instaurera par ailleurs 3 milliards de recettes supplémentaires. Il doit aussi prévoir 6 milliards d’euros de recettes nouvelles pour compenser la baisse prévue du rendement de mesures votées précédemment.

Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a réaffirmé qu’il «est nécessaire de tendre vers la stabilisation des prélèvements obligatoires». L’année prochaine sera celle de la hausse de TVA à 20%, déjà votée. Le ministre assure qu’il «n’y aura pas de hausse d’imposition au-delà» mais veut lutter contre les niches fiscales. Bercy espère aussi tirer profit d’une intensification de lutte contre la fraude.

Pierre Moscovici assure aussi qu’en dehors du crédit d’impôt compétitivité et emploi, il y aura une stabilisation des prélèvements sur les entreprises, même s’il mettra bien en œuvre la taxe à 75%. Le ministre a réaffirmé que l’impact de la réforme des retraites pour les entreprises serait compensé.

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