La CFTC réfléchit à adapter sa régulation au trading automatisé

le 11/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le régulateur s'interroge sur l'encadrement du trading à haute fréquence et sur les moyens de protéger les marchés contre les accidents techniques

Les régulateurs américains réfléchissent à encadrer les systèmes de trading automatisés et plus spécifiquement le trading à haute fréquence (HFT). La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a publié le 9 septembre une consultation discutant les moyens d’adapter sa régulation à des marchés de plus en plus dominés par l’électronique et souvent sujets à des problèmes techniques.

«Les systèmes de protection et de contrôle des risques traditionnels, qui pour beaucoup ont été développés en fonction de la vitesse humaine et pour du trading sur le parquet, doivent être évalués au regard des nouveaux développements du marché», a expliqué le patron de la CFTC, Gary Gensler. En 2012, 91,5% des volumes échangés sur les marchés américains de «futures» ont été exécutés de façon électronique et cette tendance gagne le marché des «swaps».

Selon Gary Gensler, les marchés doivent être protégés pour faire face aux problèmes techniques qui ne manqueront pas de se produire à l'avenir. Les exemples d’accidents sont déjà nombreux. Après le «flash crash» de mai 2010, Knight Capital a perdu 440 millions de dollars ; à cause du lancement malheureux d’un logiciel, Bats Global Markets a raté son introduction en Bourse et Nasdaq OMX a connu des déboires lors de celle de Facebook. Fin août, la Bourse des valeurs technologiques américaine a même suspendu ses cotations pendant trois heures.

«De manière générale, les acteurs des marchés financiers semblent avoir adopté aveuglément l’idée selon laquelle la technologie est presque toujours une bonne chose», a regretté le Commissaire de la CFTC, Bart Chilton. «Mais nous devons comprendre que certains problèmes [évoqués dans le rapport] sont urgents et doivent être traités maintenant».

Dans sa consultation, la CFTC propose une définition du trading à haute fréquence et demande si les systèmes de contrôle des risques applicables à ce dernier devraient être différenciés de ceux qui sont destinés aux systèmes de trading automatisés en général. Le régulateur souhaite aussi savoir s’il serait opportun d’enregistrer spécifiquement les acteurs du HFT. Le document contenant une centaine de questions couvre un très grand nombre de sujets. Il demande ainsi s’il faut s’inquiéter des différences de «latence» entre certains ordres ou interroge sur la conduite à adopter quand un même acteur achète et vend à la fois (wash-trade).

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