L'accélération de la reprise de l'économie japonaise se confirme

le 10/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

De quoi donner des marges de manœuvre au gouvernement pour enclencher une politique visant à rétablir la crédibilité budgétaire du pays

Tous les signaux sont au vert pour l’économie japonaise. L'expansion plus forte que prévu des investissements en capitaux est à l’origine de la révision à la hausse de la croissance de l’activité au Japon, qui a finalement atteint 0,9% au deuxième trimestre. L’investissement affiche ainsi une hausse de 1,3% sur le trimestre, alors que les chiffres préliminaires indiquaient une baisse de 0,1%.

A 3,8%, le rythme annualisé de hausse du PIB au Japon est ainsi plus solide que les 2,6% enregistrés par l’économie américaine et que la croissance de 1,1% enregistrée par la zone euro dans le même temps. Dans ce contexte, CA CIB table sur une croissance de 3% sur l’année fiscale en cours. «Avec cette reprise de l’activité, le Japon se rapproche de son objectif de sortir de ses quinze années consécutives de déflation persistante», ajoute la société de gestion GaveKal. L’inflation hors alimentaire a atteint 0,7% en juillet, un plus haut de quatre ans et demi.

Le yen chutait hier de 0,3% contre dollar à 99,42, et de 0,4% contre euro à 131,09. L’affaiblissement du yen a permis de dynamiser les résultats des entreprises ainsi que le marché actions, et d’accroître la valeur relative des détentions d’actifs étrangers. Et les analystes interrogés par Bloomberg estiment même que la parité de la devise nipponne contre dollar pourrait atteindre le seuil symbolique de 110 l’année prochaine. Des prévisions qui reposent sur le différentiel entre le rendement des obligations d’Etat américaines et celui des titres japonais (JGB), qui a atteint la semaine dernière 221 points de base (pb), son plus haut niveau depuis avril 2011. «La prochaine étape dans le scénario espéré est que les entreprises et ménages japonais répondent à cette effet richesse non pas en le thésaurisant, mais en le dépensant», alerte GaveKal.

Ces chiffres «confortent fortement la volonté du gouvernement d’augmenter le taux de TVA», selon Goldman Sachs. D’autant que le poids du déficit courant dans le PIB japonais a grimpé à 1,8% au mois de juillet, son plus fort niveau depuis septembre 2011. «La question est maintenant de savoir si le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, soutiendra le gouvernement en renforçant sa politique d’assouplissement monétaire afin d’atténuer les effets de l’austérité budgétaire», alerte JPMorgan. Le rendement à 10 ans des JGB baissait toutefois hier à 0,765%.

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