L’emploi américain plonge la Fed dans l’embarras

le 09/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Nabe prévoit néanmoins une accélération de la croissance aux Etats-Unis à 3% mi-2014

Emploi américain : des chiffres décevants en août, des révisions à la baisse en juin et juillet. Illustration L'agefi.

La reprise aux Etats-Unis reste hésitante. Le rapport mensuel sur l’emploi révèle que l’économie américaine a créé 169.000 emplois en août, alors que le consensus tablait sur des créations nettes de 180.000 postes. Des chiffres d’autant plus décevants que ceux des mois de juin et juillet ont été révisés à la baisse d’un total cumulé de 74.000 postes, à respectivement 172.000 et 104.000 créations nettes. De quoi ramener à 2,89% le rendement des Treasuries à 10 ans, qui était passé au-dessus du seuil des 3% pour la première fois depuis juillet 2011.

L’amélioration du taux de chômage, qui tombe à 7,3%, son plus bas niveau depuis novembre 2008, n’est liée qu’à une nouvelle baisse du taux d’activité. Le nombre de chômeurs américains ayant renoncé à chercher un travail a progressé sur le mois d’août à 866.000, alors que le taux de participation qui reflète la proportion d'Américains en âge de travailler et qui occupent un emploi ou en cherchent un, est tombé à 63,2%, soit son plus bas niveau depuis trente-cinq ans.

Dans ce contexte, la population active s’est contractée de 312.000 personnes en août, après une baisse de 37.000 constatée en juillet. L’enquête auprès des ménages révèle même que le nombre d'emplois s’est contracté de 115.000. «Le rapport emploi du mois d’août confirme que la reprise n’est pas si solide», estime BNP Paribas.

Sur les 8,7 millions d’emplois détruits entre février 2008 et février 2010, l’économie américaine en a depuis recréé 6,8 millions. En tenant compte du rythme moyen de création de postes de 185.000 sur les deux dernières années, il faudra ainsi 37 mois supplémentaires, soit plus de trois ans, à l’économie américaine pour revenir au niveau de plein emploi d’avant la crise. Un délai qui pourrait se raccourcir en cas d’accélération de la croissance. Dans ce contexte, la Société Générale estime que «le taux de chômage devrait passer sous le seuil de 7% visé par la Fed pour enclencher un mouvement de normalisation de sa politique monétaire au cours du premier trimestre 2014».

L’enquête de l'Association nationale pour l'économie d'entreprise (Nabe) publiée aujourd’hui révèle néanmoins que les 43 économistes interrogés tablent en moyenne sur une accélération de la croissance aux Etats-Unis de 2,3% enregistrée au cours du troisième trimestre 2013, à un rythme d’environ 3% au milieu de l’année prochaine. Une anticipation qui repose sur une probabilité de 80% que la Réserve fédérale (Fed) commence à réduire son programme de rachats d’actifs en 2014 et de 45% qu’elle réduise ses rachats mensuels de MBS et d’obligations du Trésor dès cette année. Point positif pour la consommation des ménages : le salaire horaire mensuel a progressé de 0,2% en août et de 2,2% sur un an.

Le président de la Fed de Chicago, Charles Evans, a indiqué vendredi que tous les scénarios seraient envisagés à la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) les 17 et 18 septembre. «Nous sommes dans une période dans laquelle il est encore plus important d’aller à la réunion du FOMC avec un esprit ouvert», a-t-il indiqué. Compte tenu des progrès constants réalisés par l’économie américaine, il se dit même «persuadé qu’il y a eu suffisamment d’amélioration» pour initier un ralentissement des rachats d’actifs de la Fed dès septembre.

Emploi américain : des chiffres décevants en août, des révisions à la baisse en juin et juillet. Illustration L'agefi.
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Emploi américain : des chiffres décevants en août, des révisions à la baisse en juin et juillet. Illustration L'agefi.

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