La BCE pourrait envisager une nouvelle opération LTRO

le 09/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Certains économistes évoquent un tel scénario dans le cas où les excès de liquidités continueraient à se réduire et pousseraient les taux Eonia à la hausse

Photo: PHB

La BCE peut-elle se permettre le luxe de ne rien faire? La zone euro, à l’instar des Etats-Unis et du Royaume-Uni, a connu une hausse sensible des taux longs qui pâtissent de la perspective d’une réduction des rachats d’actifs par la Fed et du timide frémissement constaté au sein de son économie. Le taux allemand à 10 ans a ainsi gagné plus de 50 points de base (pb) en trois mois pour franchir la barre symbolique des 2%. «Nulle part, sauf au Royaume Uni, la hausse des rendements longs n'est imputable à celle des primes d'inflation», constate en outre Natixis.

Certes, les rendements des obligations à 2 ans sont pour le moment mieux protégés, entrainant une pentification de la courbe notamment sur le segment 2 ans-10 ans qui a atteint 171 pb, soit une hausse de 30 bp depuis juin. Pourtant, l’écart entre le rendement des taux à 2 ans américain et allemand est resté stable à 18 pb sur les trois derniers mois malgré la différence d’orientation des politiques monétaires de la Fed et de la BCE. Dans le même temps, le taux à 10 ans américain s’écartait du taux allemand à hauteur de 35 pb.

Lors de la conférence de presse suivant la réunion mensuelle de la BCE qui s’est tenue jeudi, son président Mario Draghi a déclaré que l’autorité monétaire se tenait prête à agir si les taux courts n’étaient plus cohérents avec la «forward guidance». Le Crédit Agricole estime que «le fait que la BCE ait évoqué plus explicitement les conditions de liquidité sur le marché monétaire nous conforte dans l’idée qu’elle ne resterait pas passive face à une forte remontée des taux». Une baisse des taux directeurs semble peu probable. «Le marché considèrerait que cette baisse du taux repo serait la dernière, partant qu’il ne pourrait plus que monter, ce qui constituerait un très mauvais signal pour la partie longue de la courbe», explique Natixis.

Dans ce contexte, l’autorité européenne pourrait ainsi envisager une nouvelle opération de refinancement à très long terme (VLTRO) «qui ciblerait plus spécifiquement les prêts aux PME comme collatéral», ajoute le Crédit Agricole. Une opinion partagée par Barclays qui évoque un tel scénario «dans le cas où les excès de liquidités continuent à se réduire dans les prochains mois et poussent les Eonia et anticipés d’Eonia à la hausse». L'Eonia restait stable vendredi à 0,07%, mais les «forwards» à un an ont dépassé vendredi la barre de 0,50%.

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