Les Brics détaillent la riposte à la déstabilisation de leurs devises

le 06/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les membres vont apporter 100 milliards de dollars à un fonds de stabilisation du marché des changes. La Chine en sera le premier contributeur

C'est dans le cadre du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg que les pays émergents du groupe des Brics ont présenté leur dernière trouvaille : un fonds de 100 milliards de dollars destiné à stabiliser le marché des changes, alors que leurs monnaies sont secouées depuis plusieurs mois par la perspective d'une inflexion de la politique monétaire de la Fed. La Chine contribuera majoritairement, à hauteur de 41 milliards de dollars, tandis que la Russie, l'Inde et le Brésil apporteront chacun 18 milliards de dollars. L'Afrique du Sud fournira le reste, soit 5 milliards de dollars.

Le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao s'est montré clair; il estime que la sortie des politiques monétaires accommodantes représente un défi majeur pour l'économie mondiale. Dans ce contexte, les Brics, qui poursuivent parallèlement un projet de banque de développement commune dotée de 50 milliards de dollars, entendent ériger un bouclier contre les «retombées négatives non intentionnelles» des politiques monétaires non conventionnelles dans les pays développés, souligne un communiqué.

Les modalités de fonctionnement de ce nouveau fonds restent cependant encore floues. «Politiquement, les pays sont prêts mais techniquement, ils ne le sont pas», a admis Sergueï Storchak, ministre délégué russe aux Finances. «Le total [de 100 milliards de dollars] est connu mais je ne sais même pas comment y arriver», a-t-il ajouté. Ce projet de fonds commun pour les changes remonte à l'an dernier. A l'époque, il avait été présenté comme le moyen de soutenir les pays du groupe confrontés à des difficultés de balance des paiements.

«Nous considérons les difficultés temporaires de certains pays des Brics avant tout comme des difficultés en termes de balance des paiements internationaux», a maintenu jeudi Zhu Guangyao. «Les options politiques pour répondre à de telles (...) difficultés incluent l'augmentation des taux d'intérêt ou la dévaluation des devises», a-t-il déclaré.

A l'occasion de ce sommet du G20, le Conseil de stabilité financière a par ailleurs rendu compte des progrès réalisés en matière de régulation financière. Il cite notamment le cas de la supervision des établissements d'importance systémique (too big to fail) mais reconnaît que des efforts restent à accomplir pour favoriser la résilience des institutions.

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