La récession accorde un très léger répit à l'Espagne

le 31/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'économie espagnole ne s'est contractée que de 0,1% au deuxième trimestre. Mais la sortie de la récession ne devrait pas intervenir avant 2014

La récession a perdu de sa vigueur en Espagne. Selon les chiffres de l'Institut national des statistiques, la contraction du produit intérieur brut (PIB) espagnol s'est limitée à 0,1% sur la période allant d'avril à juin, comparée à un repli de 0,5% au deuxième trimestre 2012. En rythme annuel, à fin juin, la récession de l’économie espagnole ressort à 1,7% contre 2% à la fin du premier trimestre 2013.

Ce chiffre encourageant s’ajoute à l’annonce la semaine dernière de la première baisse du taux de chômage espagnol en deux ans. Il est revenu au deuxième trimestre à 26,3%, contre 27,2% au premier. De quoi faire dire à Luis de Guindos, le ministre espagnol de l’Economie, que «le redressement est en marche».

Un optimisme que de nombreux économistes relativisent. La moindre contraction de l’économie espagnole au deuxième trimestre est liée en grande partie à un effet de base favorable et à des bons chiffres du commerce extérieur. L’Institut national des statistiques ne fournit pas encore de répartition entre demandes domestique et extérieure mais, selon la Banque d’Espagne, les exportations auraient contribué positivement de 0,4% au deuxième trimestre, contre +0,1% au premier trimestre. Or, sans reprise de la demande intérieure, la fin de la récession espagnole paraît peu probable.

«Les ajustements à venir de l’économie espagnole (désendettement du secteur privé, immobilier résidentiel et fiscalité), couplés aux conditions de financement extrêmement tendues, ont de grandes chances d’accroître la récession dans les prochains trimestres», préviennent les économistes de Citi. «Dans un environnement où le taux de chômage est supérieur à 25%, une légère amélioration du PIB ne veut pas dire que la récession soit terminée», ajoutent-ils.

Même si le dynamisme des exportations ou la baisse des taux souverains sont réconfortants, le Fonds monétaire international a récemment mis en garde Madrid contre «toute tendance à justifier un ralentissement des réformes par la perspective d'une stabilisation économique».

Le FMI table sur une croissance positive en 2014, à 0,7%, après une nouvelle année dans le rouge pour le PIB en 2013, à -1,6%.

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