La politique monétaire du Japon commence à porter ses fruits

le 30/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les investisseurs japonais sont redevenus acheteurs nets d'actifs étrangers depuis début juillet, ce qui devrait alimenter la dépréciation du yen

Attendu comme un soutien de poids pour les marchés obligataires internationaux, notamment européens, le Japon est en train de tenir son rôle. Depuis trois semaines, les investisseurs japonais sont acheteurs nets de bons et d’obligations étrangères. Et selon de nombreux économistes, la tendance devrait se confirmer dans les prochaines semaines, peut-être dès jeudi lors de la publication des statistiques hebdomadaires du ministère des finances japonais.

Le pays bouclerait ainsi le mois de juillet en position nette acheteuse de dette étrangère. Une première depuis le début de l’année qui viendrait conforter la politique monétaire agressive prônée depuis l’automne 2012 par le premier ministre Shinzo Abe et opérée par la banque du Japon. Contre toute attente, malgré les efforts du gouvernement, les investisseurs japonais avaient rapatrié au premier semestre 2013 un montant record d’actifs dans le pays, plus de 15.000 milliards de yens, ce qui avait contrarié la dépréciation voulue de la monnaie japonaise et la politique de relance de l’économie.

Selon les analystes de Citigroup, ce fort flux acheteur d'actifs japonais ne peut que s’éteindre. D’une part, les fonds de pension japonais qui avaient été contraints en début d’année à vendre des actifs étrangers pour équilibrer leur portefeuille compte tenu des brusques mouvements sur le marché des changes sont aujourd’hui moins sous pression. Surtout, l’évolution de la stratégie du fonds de pension public du Japon (GPIF), le plus puissant et le plus influent du pays, devrait pousser d’autres investisseurs à suivre sa nouvelle politique d’achat d’actifs étrangers.

Enfin, les assureurs devraient revenir progressivement vers les actifs étrangers. L’annonce du début du programme de rachats d’actifs de la banque du Japon avait été contrariée par une brusque remontée des rendements des obligations japonaises ce qui n’avait pas incité les assureurs à aller chercher de la performance en dehors du pays.

Depuis, sous l’effet de l’intervention de la banque centrale, les rendements des titres japonais sont repartis à la baisse. Les assureurs pourraient donc devenir dans les prochaines semaines acheteurs nets d’actifs étrangers.

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