Aberdeen AM pilote la décollecte de ses fonds émergents

le 30/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe écossais accuse 3,4 milliards de livres de sorties nettes au trimestre écoulé, après la hausse des frais sur ses fonds émergents

Après la surchauffe, la douche froide. Aberdeen Asset Management a subi 3,4 milliards de livres de sorties nettes (3,9 milliards d’euros) entre fin mars et fin juin. Au cours du troisième trimestre de son exercice 2012-2013, le gestionnaire écossais a mis fin, en partie volontairement, à cinq trimestre consécutifs de collecte positive. Outre la «volatilité des marchés», qui a suscité 2,5 milliards de livres de retraits en juin, «la décollecte nette reflète aussi la marche délibérée que nous avons choisie pour piloter la taille de nos fonds actions marchés émergents au bénéfice des clients existants», a déclaré hier Martin Gilbert, directeur général d’Aberdeen.

Le groupe coté avait annoncé en février vouloir appliquer des frais d’entrée de 2% à cette gamme de produits, qui pesait alors près de 24 milliards de dollars d’encours (18 milliards d’euros). Une mesure appliquée à partir de mars ou avril selon les produits. Il avait aussi demandé leur retrait des listes de fonds recommandés par certains distributeurs. Raison évoquée alors: l’afflux de capitaux faisait peser un risque sur la liquidité des fonds pays émergents, donc risquait de pousser les gérants à investir trop vite dans ces entreprises de moins bonne qualité.

Cette nouvelle politique commerciale expliquerait donc la décollecte de 926 millions de livres des fonds actions de pays émergents. S'y ajoute celle des produits obligataires exposés aux mêmes régions, dont les ventes sont passées dans le rouge au cours des dernières semaines du trimestre. La décollecte s’est également poursuivie pour les expertises actions et taux aux Etats-Unis, en Europe et au Royaume-Uni, ainsi que dans l’immobilier et les «solutions» (multigestion, etc.). Seuls les fonds actions globaux et Asie-Pacifique ont fait de la résistance, avec des flux nets significatifs.

Les effets de marché et de performance, négatifs à hauteur de 10,3 milliards de livres, auraient dû achever de plomber les encours d’Aberdeen. Deux acquisitions ont toutefois permis à ce gestionnaire spécialiste des actions de maintenir ses actifs au-dessus de la barre des 200 milliards. A fin juin, ils atteignent 209,6 milliards de livres grâce à l’apport d’Artio Global Investors, une boutique américaine de produits de taux (6,7 milliards de livres), et du fonds londonien de capital-investissement SVG Advisers (4,3 milliards de livres).

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