L'Agence France Trésor a racheté 12 milliards d'euros de dette à fin juin

le 24/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les rachats anticipés feront baisser les échéances de remboursement en 2014 et 2015. La France a déjà financé 80% de son programme 2013

Malgré la perte de son dernier triple A chez Fitch et les tensions obligataires qui ont suivi fin mai l’annonce d’un ajustement du programme de rachat de la Fed, la France poursuit sa lune de miel avec les marchés. «Les conditions financières sont absolument exceptionnelles et par rapport à l'année dernière nous sommes un peu plus en avance» sur la réalisation du programme d'émission, a indiqué Ambroise Fayolle, le directeur général de l'Agence France Trésor (AFT), lors d'un entretien à Reuters.

La France a déjà réalisé à ce jour 80% de son programme d’émission en 2013, contre 77% à la même époque l’an dernier. L'AFT a émis 134,8 milliards d'euros sur un total prévu de 169 milliards cette année, net des rachats. A fin juillet, la France se refinance à moyen et long terme, au taux moyen historiquement bas de 1,44% contre 1,86% en 2012.

L’AFT a par ailleurs procédé à 12 milliards d'euros de rachats de dette à fin juin. Ils ont porté essentiellement sur des titres arrivant à échéance en 2014 mais aussi en 2015 afin de réduire les remboursements ces deux années. «Si dans la deuxième moitié de l'année, les conditions de marché demeurent favorables, on pourra procéder à des rachats dans la limite du maintien de la bonne liquidité des titres concernés», ajoute Ambroise Fayolle. L'AFT avait procédé à 23,5 milliards de rachats l’an dernier.

Après la remontée «importante et rapide» des taux d'intérêt liée aux annonces de la Fed, la situation s'est stabilisée, constate par ailleurs le directeur général de l'AFT. «Nous n'avons pas du tout une situation où il n'y a que des vendeurs (...) Nous avons vu des investisseurs domestiques à l'achat, nous avons vu des étrangers à l'achat», relève Ambroise Fayolle, citant des intérêts significatifs des investisseurs domestiques «dès que les taux ont dépassé des niveaux de 2,10%-2,20%».

Le patron de l’AFT note toutefois que les investisseurs sont très attentifs à la politique du gouvernement. «Les deux thèmes qui sont les plus importants pour les investisseurs du point de vue de la situation macroéconomique de la France, ce sont la politique budgétaire et les réformes de compétitivité de l'économie. D'une manière générale, la réforme des retraites est regardée de très près par les investisseurs», souligne-t-il.

A lire aussi