La faiblesse des taux soutient la production de crédits immobiliers

le 24/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les volumes de prêts à l’habitat ont connu une croissance de 7% entre avril et juin, notamment grâce à des taux très faibles

La production de crédits immobiliers a continué d’augmenter au deuxième trimestre avec une croissance de 7,7% du nombre de prêt sur la période avril-juin, même si elle connaît toujours un retrait de -2,1% en rythme annuel (en année glissante) selon l’observatoire Crédit Logement/CSA publié hier. Toutefois, cette amélioration ne profite pas à tous, les primo-accédants et les investisseurs achetant peu du fait «dun manque de solvabilité » et d’une «une inquiétude face aux projets gouvernementaux d’encadrement des loyers » selon Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi.

L’augmentation du nombre de crédit provient surtout du niveau des taux des prêts du secteur concurrentiel avec une moyenne tout secteur confondu de 2,89%. Les taux moyens à l’accession dans le neuf et dans l’ancien sont respectivement en juin 2013 de 2,91% et de 2,90%. Ils étaient en février 2012 à 3,93% pour le neuf et 3,97% pour l’ancien. Ce dernier a connu une hausse de 8,2% au second semestre, alors que le neuf a perdu un point en volume de production de crédit malgré une hausse de 5,1% du nombre de prêt accordés.

En outre, les chiffres de l’observatoire montrent qu’il y a une remontée en avril-mai de la durée moyenne des emprunts qui atteint 16,8 années (202 mois) et une baisse du coût relatif moyen qui s’élève à 3,79 années de revenus en juin. L’observatoire met néanmoins en garde sur une érosion de la durée moyenne des emprunts depuis le mois de juin.

Par ailleurs, certaines faiblesses sont toujours présentes. La reconfiguration du prêt à taux zéro (PTZ+) a fortement contribué à empêcher les ménages les plus jeunes et les plus modestes d’accéder à la propriété. Dans le profil des acheteurs on retrouve principalement les accédants (qui vendent pour racheter) qui disposent d’un apport personnel important et peuvent ainsi s’endetter sur des périodes plus courtes.

Enfin, on note un recul de l’investissement locatif de 15% à 10% entre janvier et juin au profit de l’achat de résidences principales qui représente 88% des acquisitions selon une étude de Cafpi. Le dispositif Duflot qui voulait renforcer l’investissement locatif risque de ne pas avoir beaucoup d’effet sur le marché immobilier, déjà en difficulté.

A lire aussi