Acofi et Arkéa bouclent un fonds de prêts titrisés aux collectivités

le 24/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Souscrit par six investisseurs institutionnels, dont Suravenir, le véhicule n’a pas atteint son objectif dans un marché désintermédié encore balbutiant

Acofi a bouclé son premier fonds commun de titrisation (FCT) dédié aux collectivités locales. Ce fournisseur indépendant de solutions d’investissement et de financement s’est allié pour l’occasion au Crédit Mutuel Arkéa, dont la filiale Banque entreprises et institutionnels (BEI) a distribué les prêts. «Notre fonds est depuis hier investi à hauteur de 120 millions d’euros dans des crédits accordés à 19 collectivités », déclare Nolwenn Simon, directeur général adjoint d’Acofi Loan Management Services. Six institutionnels dont Suravenir, filiale d’Arkéa, ont souscrit ce FCT baptisé Predirec Filo, au rendement net de 3,45%.

Le portefeuille est composé de prêts amortissables à 15 ans, de 20 millions d’euros maximum, accordés aux communes de plus de 10.000 habitants et aux départements, mais pas aux régions, qui ont accès au marché obligataire. «Nous avons au préalable établi un filtrage des 39.000 collectivités françaises avec la société Public Evaluation System qui possède d’importantes bases de données sur le secteur. Nous avons identifié 750 acteurs éligibles à qui Arkéa a proposé un financement, détaille Nolwenn Simon. La demande initiale atteignait 400 millions d’euros en mars, mais s’est réduite après le resserrement des spreads fin avril, suite au retour des banques sur ce marché».

Du coup, «pour satisfaire la demande des institutionnels, nous n’avons pas conservé une part des prêts dans notre bilan, comme dans notre précédent FCT, dévoile Gérard Bayol, DGD d’Arkéa en charge de la BEI. Ces deux produits nous permettent de désintermédier 30 % environ de nos flux nouveaux au secteur public local». La production totale s'élève entre 600 à 700 millions d’euros en rythme annuel, contre 1 milliard auparavant. A l’automne dernier, le premier fonds de prêts aux collectivités de la BEI et de Suravenir avait atteint 170 millions d’euros, sur les 200 millions prévus.

Le Crédit Agricole et Predica avaient ouvert timidement la voie quelques mois plus tôt, suivis par BPCE et Natixis. S’il est parfois difficile d’aligner l’intérêt des emprunteurs et des investisseurs finaux, «les récents aménagements réglementaires sur les fonds de prêt à l’économie vont contribuer à faire émerger une nouvelle offre de financement, estime Nolwenn Simon. Toutefois, il n’est pas sûr qu’il y ait une place durable pour les prêteurs alternatifs sur le marché du financement des collectivités territoriales. Nous verrons comment évolueront l'offre bancaire et les besoins des collectivités face au désendettement».

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