L'Irlande fait figure de bon élève parmi les pays périphériques

le 15/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Standard and Poor's estime que la perspective de la note du pays, aujourd'hui à BBB+ est positive, car sa dette est sur la bonne pente

Standard and Poor’s estime que l’Irlande a une chance sur trois de redresser ses comptes publics plus rapidement que prévu. L’agence de notation a décidé vendredi de confirmer la note du pays à BBB+ mais a révisé sa perspective à positive. L’Irlande confirme ainsi son image de «bon élève» par rapport aux autres pays périphériques.

«Depuis le début de son programme en 2010, l'Irlande n’a pas dévié de ses objectifs budgétaires», affirme S&P. Fin novembre 2010, le pays a reçu une aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international de 85 milliards d’euros. A l’époque, sa dette équivalait déjà à 92% du PIB et elle est montée à 117,6% en 2012. Néanmoins, l’agence estime qu’elle devrait se réduire plus vite qu’anticipé, pour revenir à 112% du PIB dans trois ans.

La réduction de la dette publique pourrait être encore plus rapide si l’agence qui gère les actifs toxiques bancaires, la Nama, parvient à s’en défaire rapidement. S&P compte également sur la croissance pour stabiliser les comptes publics. «La reprise économique est en marche», assurent ses analystes, même s’ils s’attendent à ce que la croissance reste faible en 2013 et en 2014, en raison de la faiblesse persistante de la demande extérieure.

S&P pointe cependant du doigt la fragilité du secteur privé. «Même si l’accès du gouvernement aux marchés de capitaux internationaux s’est amélioré et si l’extension de la maturité des prêts du Fonds européen de stabilité financière (décidée en avril) a réduit ses besoins de financements à court terme, le secteur bancaire n’est retourné sur les marchés que récemment en émettant de la dette non sécurisée», écrivent les analystes.

Aux yeux de l’économiste de BNP Paribas, Colin Bermingham, la décision de S&P «pourrait encourager le gouvernement à rentrer sur le marché à la fin de l’année sans avoir besoin d’une ligne de crédit de précaution». Elle témoigne en tous cas «du processus de découplage actuel où l’Irlande est perçue plus positivement que les autres pays périphériques».

La Grèce (notée B-) peine à tenir ses objectifs de déficit tout comme le Portugal (noté BB), qui vit de plus une crise politique. L’Italie vient quant à elle d’être dégradée à BBB par S&P (avec perspective négative) en raison du niveau élevé de sa dette publique et de la faiblesse de l’activité économique. La note de l’Espagne, BBB-, est depuis 2012 sous perspective négative.

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