L'Eurogroupe souhaite conserver le contrôle sur le gouvernement grec

le 09/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les ministres des Finances de la zone euro ont opté pour le versement morcelé et conditionnel d'une aide à Athènes de 6,8 milliards d'euros

Photo: PHB

La Troïka a maintenu la pression sur le gouvernement grec lors de la réunion de l’Eurogroupe hier à Bruxelles, alors que dans les rues d’Athènes des milliers de fonctionnaires grecs manifestaient précisément pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité imposées par les bailleurs de fonds du pays en contrepartie de l’aide financière. Les ministres des Finances de la zone euro se sont ainsi entendus sur le versement d'une tranche d'aide de 6,8 milliards d'euros à Athènes, mais de manière morcelée et conditionnelle. L’euro maintenait ses gains cette nuit contre dollar, à 1,2865.

«La Grèce a accompli des progrès extraordinaires, et nous leur disons de poursuivre sur cette piste, spécialement des réformes structurelles, dont on perçoit aujourd'hui les premiers résultats», a tenu à indiquer le président de la BCE Mario Draghi. Outre l’aide financière, les partenaires européens de la Grèce mettent également une autre carotte sur la table. La Troïka a ainsi laissé miroiter une possible réduction du taux de TVA de 23% actuellement à 13% sur la restauration afin de relancer le secteur du tourisme qui constitue le principal moteur de la croissance grecque.

Mais le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a prévenu que la Grèce devait mettre en œuvre ses engagements en matière de licenciements et de mutation de fonctionnaires ainsi que de modernisation de son Code des impôts d'ici au 19 juillet pour recevoir avant la fin du mois les premiers 2,5 milliards d'euros. Une autre tranche de 500 millions sera fournie en octobre. «Il est juste de procéder dans une logique de versement sur résultats, et étape par étape, et de procéder au versement au fil des besoins de financement de la Grèce», a justifié le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaeuble.

Le FMI versera de son côté 1,8 milliard d’euros en août, et la Grèce pourra compter sur le versement de 1,5 milliard en juillet et de 500 millions en octobre provenant des profits réalisés par la BCE sur les obligations grecques. Mais le FMI a également appelé à des mesures coordonnées de relance de la croissance, ainsi qu’à la concrétisation de l'union bancaire. En outre, le Fonds a appelé la BCE à accentuer ses mesures d’assouplissement monétaire. «De nouvelles mesures de baisse des taux, comprenant des taux de dépôts négatifs, permettraient de soutenir la demande au sein de la zone euro et de remédier aux pressions déflationnistes», a indiqué le FMI dans son rapport sur la monnaie unique.

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