La crise politique pourrait précipiter un nouveau plan d'aide au Portugal

le 03/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après le ministres des Finances, le ministre des Affaires étrangères a présenté sa démission pour marquer son hostilité à la politique d'austérité

Alors que le gouvernement du Portugal est en crise, des économistes estiment que le pays devra obtenir une nouvelle aide de ses partenaires européens d'ici peu. Hier, les taux à dix ans du pays se tendaient de 24 pb à 6,5%.

Lundi, le ministre des Finances, Vitor Gaspar, était remplacé par la secrétaire d’Etat au Trésor, Maria Luís Albuquerque. L’économiste de formation avait choisi de démissionner faute d’avoir le soutien de l’opinion pour mener à bien le redressement des comptes publics. Lisbonne s’y était engagé dans le cadre du plan du sauvetage du pays de 78 milliards d’euros accordé au printemps 2011. Le programme d'aide est censé prendre fin mi-2014 après le retour du pays sur les marchés.

La crise politique s’est aggravée en fin d’après-midi lorsque le ministre des Affaires Etrangères, Paulo Portas, a lui aussi annoncé sa démission. Ce dernier est chef du parti conservateur allié au parti majoritaire de centre-droit depuis le printemps 2011. Paulo Portas, qui s’est déjà montré réticent vis-à-vis du programme d’austérité, a ainsi voulu marquer son opposition à la nomination de Maria Luís Albuquerque. Celle-ci s’est inscrite dans la ligne politique de son prédécesseur. La démission a toutefois été écartée dans la soirée par le Premier ministre Pedro Passos Coelho, qui a lui-même exclu de quitter son poste.

«Le départ du ministre des Finances montre que la lassitude vis-à-vis de l’austérité a finalement touché le Portugal», réagissait hier la recherche de Citi. Or, le pays est loin d’avoir retrouvé des finances saines et le chemin du dynamisme économique (le PIB s’est replié de 3,2% en 2012). Faute de croissance et à défaut de pouvoir adopter des mesures censurées par la Cour constitutionnelle au printemps, Lisbonne a dû revoir ses objectifs de déficits, à 5,5% du PIB en 2013 (contre 6,4% en 2012) et 4% en 2014. A la fin de 2012, la dette équivalait quant à elle à quelque 124% du PIB.

«L’ajustement de l’économie est loin d’être terminé, un nouveau programme d’assistance financière, sous la forme d’une ligne de crédit de précaution ou d’un autre plan de sauvetage, nous semble très probable», assure la recherche de Citi. L’économiste de BNP Paribas, Ricardo Santos estimait hier matin que les décisions pourraient se précipiter lors des élections locales de septembre et de la préparation du budget. «Il risque d'y avoir des élections générales et une ligne de crédit de précaution pourrait être négociée auprès du Mécanisme européen de stabilité plus tôt que prévu», écrivait-il.

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