La production de crédit à l'habitat devrait baisser de 8% en France en 2013

le 27/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré des taux historiquement bas, le volume des prêts au logement continue de baisser du fait de la contraction du marché résidentiel

Après un recul de 26% en 2012, la baisse des volumes de prêts à l’habitat s’est poursuivie au premier trimestre malgré des taux d’intérêt historiquement bas (2,97% en moyenne pour les crédit aux particuliers), selon le Crédit Foncier. Avec 25,2 milliards d’euros, la production de crédit immobilier sur les trois premiers mois de l’année a chuté de 11,2% par rapport à la même période de 2012. Pour Emmanuel Ducasse, directeur des études au Crédit Foncier Immobilier, cette baisse s’explique par la contraction du marché résidentiel qui est affecté par la conjoncture morose, et les contraintes réglementaires des banques.

Pour 2013, le Crédit Foncier Immobilier anticipe une baisse de la production de l’ordre de 8% soit 110 milliards d’euros de crédits engagés. La durée moyenne des prêts octroyés a continué de diminuer au premier trimestre pour se situer autour de 205 mois (environ 17 ans) en avril. Depuis 2008, on assiste à une baisse progressive des durées moyennes de crédit. Les banques ont en effet tendance à privilégier les dossiers les plus sécurisés qui nécessitent de mobiliser moins d’argent sur des périodes plus courtes. La durée des prêts accordés par le Crédit Foncier qui s’adresse bien souvent à des primo-accédants est plus élevée que la moyenne et se chiffre à 22 ans.

Fragilisé par un environnement économique dégradé, le marché de l’immobilier résidentiel reste sous tension. Les acteurs du marché de l’ancien s’installent dans une position d’attente avec des ventes en net repli sur le trimestre. Les volumes de ventes d’appartements ont ainsi chuté de 26% à Paris au premier trimestre. En France, le Crédit Foncier Immobilier estime que le volume des transactions dans l’ancien devrait chuter cette année de 11% par rapport à 2012.

Pour autant, le recul des opérations ne se traduit pas forcément par une baisse des prix. En Ile-de-France et à Paris, les prix de l’ancien sont stables avec toutefois de fortes disparités entre les différents arrondissements de la capitale. Pour le marché du neuf, les prix restent à des niveaux élevés malgré une activité de commercialisation en repli, pénalisée par la fin du dispositif Scellier qui avait soutenu le secteur jusqu’en 2012.

La montée en régime des ventes sur la base du dispositif Duflot pourrait prendre du temps avant de se réaliser, ajoute Isabelle Friquet-Lepage, responsable des études immobilières au Crédit Foncier.

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