Mario Draghi défend son action à l'Assemblée nationale

le 27/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le président de la BCE se dit attentif à la récente volatilité des marchés et au niveau de l'euro. Il demande aux politiques d'agir

Reçu par les députés français hier, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a défendu son mandat et expliqué qu’il restait attentif au niveau de l’euro. Il a aussi expliqué que son institution avait déjà fait énormément pour résorber la crise et qu'il incombait aux politiques d'agir en faveur de la croissance et de l'intégration économique.

Une fois de plus, Mario Draghi a vanté les mérites de son programme de rachat de dette souveraine (OMT). Il en a profité pour lancer un nouveau signal d’apaisement aux marchés en expliquant que la sortie de la politique monétaire très accommodante était lointaine et qu’il surveillait avec beaucoup d’attention la volatilité des marchés de ces dernières semaines. Alors que plusieurs députés (qui recevaient pour la première fois un président de la BCE) ont déploré l’étroitesse du mandat, Mario Draghi a assuré qu’il ne l’empêchait pas de faire son maximum pour soutenir l’économie et que c'était aux politiques de modifier les traités s'ils en voyaient l'utilité.

Egalement interrogé sur l’inaction de la BCE face à la force de l’euro, le banquier a expliqué que celle-ci était due au retour de la confiance dans l’euro mais aussi aux politiques des autres banques centrales. Et d’affirmer que même si le taux de change n’est pas un objectif de la politique monétaire, il est surveillé car il a des conséquences pour la stabilité des prix et la croissance. Ces affirmations ne sont pas nouvelles mais elles ont suffi à faire baisser l’euro face au dollar, à 1,298 hier après-midi.

Mario Draghi a souligné que «les résultats que peut obtenir la politique monétaire ne sont pas sans limites». A ses yeux, la balle est dans le camp des politiques qui peuvent mener leur ajustement budgétaire tout en préservant la croissance grâce à des baisses des dépenses plutôt que des augmentations d’impôts. Comme il le fait toujours, il a encouragé les réformes structurelles, pour réduire la dépense publique (via des changements dans les systèmes de retraite) et augmenter la compétitivité de l’économie (en abaissant les salaires par exemple).

Le président a enfin appelé au renforcement de l’union économique, grâce à des transferts de souveraineté. Il a défendu l’union bancaire et assuré que la revue de la qualité des actifs qui sera menée par la BCE en 2014 apportera beaucoup de transparence et «dans l’ensemble ne devrait pas révéler de problèmes majeurs».

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