BNP Paribas creuserait l'écart en achetant les activités de conservation de Commerzbank

le 27/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque française pourrait boucler mi-juillet des discussions avec le groupe allemand, alors qu'elle veut renforcer son maillage européen

L’opération serait quasiment bouclée. BNP Paribas pourrait signer d’ici à mi-juillet le rachat des activités de conservation de titres de Commerzbank, affirmait hier le Börsen- Zeitung. La banque française ne commente pas l’information, confirmée hier par Reuters. Si elle aboutit, la transaction permettrait à BNP Paribas Securities Services de conforter son statut de numéro un du marché allemand. Aux 187 milliards d’euros d’actifs qu’elle conserve localement s’ajouteraient les 90 milliards de la banque allemande. State Street, numéro deux en Allemagne, affiche seulement 177 milliards d’euros d'actifs.

Dans la conservation de titres, «BNP Paribas avait jusqu’à présent privilégié les petites acquisitions peu chères», rappelle un bon connaisseur du secteur. Engagé dans un vaste plan de restructuration, Commerzbank a mis en vente son activité à l’automne dernier, avec l’espoir d’en tirer 200 millions d’euros. Premier dépositaire d’Europe, la banque française ne cachait pas dernièrement sa volonté de renforcer son maillage géographique, notamment pour répondre aux nouveaux besoins des investisseurs dans le cadre de la directive sur les fonds alternatifs (AIFM). BNP Paribas Securities Services devra «tirer parti des évolutions réglementaires dans le domaine des infrastructures de marché», indiquait le groupe lors de ses résultats annuels.

Comme ses concurrents, il cherche aussi à rentabiliser ses infrastructures. Peu consommatrices de capital (500 millions d’euros), les activités de dépositaire nécessitent de lourds investissements. Le coefficient d’exploitation (ratio des charges sur revenus) s’en ressent. A fin mars, il a encore grimpé, à 89,2%. Au premier trimestre, les revenus du pôle Securities Services ont diminué de 5 %, à 323 millions d’euros, «en raison d’un environnement de taux d’intérêt bas persistant et d’une baisse du nombre de transactions sur les marchés», en recul de 4,2% sur un an.

Les actifs traités ont en revanche continué à progresser. A l’échelle mondiale, BNP Paribas assurait fin mars la conservation de 5.532 milliards d’euros d’actifs, une masse en croissance de 0,2% au cours du trimestre et de 9,6% sur un an. Les actifs administrés atteignent de leur côté 1.022 milliards (+1,2% et +10,7% respectivement).

A lire aussi