Les taux d'emprunt français sont au plus haut depuis juillet 2012

le 25/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement pourrait voir son équation budgétaire se compliquer encore davantage si la remontée des taux des OAT se prolongeait

C’est bien la dernière chose dont le gouvernement français, déjà sous pression maximale, a besoin en ce moment: une remontée des taux obligataires alors que le pays profitait jusqu'à présent de coûts d'emprunts historiquement bas. C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer. Les taux d’emprunt de l’Etat français à maturité 10 ans ont bondi hier d’environ 13 points de base (pb) à 2,44 % portant ainsi le coût de la dette à son plus haut niveau en 2013 et même depuis un an, loin du point bas de 1,65% touché en mai.

Depuis la semaine dernière, les propos du président de la Fed Ben Bernanke qui prévoit de débrancher la prise des liquidités l’année prochaine ont provoqué un regain de tension sur les marchés obligataires. Hier, les taux longs américains ont atteint plus de 2,6% entraînant à la hausse dans leur sillage les rendements des pays cœur de l’Europe, le Bund progressant d’environ 9 pb à environ 1,8%. Sans surprise, l’impact est encore plus fort sur la dette des pays périphériques. L’Espagne doit désormais offrir un peu plus de 5% de rendement aux investisseurs pour se refinancer, et l’Italie quasi autant (4,8%).

En France, «ce mouvement est inquiétant du point de vue de l’équilibre du marché entre l’offre et la demande. Néanmoins toute hausse de taux doit être durable pour affecter la charge de la dette. On peut considérer que cela ne remet pas en cause les projections budgétaires tant que les taux ne vont pas au-delà de 2,75% voire 3%», explique Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.

Mi-juin, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve avait indiqué que le gouvernement comptait récolter les fruits de ses taux d'emprunt avantageux. Il avait alors indiqué que la charge de la dette devrait ainsi être inférieure de 700 millions par rapport aux 46,9 milliards inscrits dans le budget 2013.

Du côté de l’Agence France Trésor, on soulignait hier que «la France continue à se financer à des taux extrêmement favorables. Le taux moyen pondéré pour les émissions de dette moyen et long terme se chiffre à 1,39% depuis le début de l’année contre 1,86% sur l’ensemble de l’année 2012».

Les prochaines projections sur la charge de la dette sont attendues avant la fin septembre dans le cadre du projet de loi de Finances 2014. D’ici là, tous les regards sont tournés vers Mario Draghi, le président de la BCE dont les marges de manœuvre semblent pourtant limitées.

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