«Nous sommes rentrés dans une phase durable de hausse des rendements obligataires»

le 24/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Rachid Medjaoui, directeur adjoint de la gestion à La Banque Postale Asset Management

- L’Agefi: Pourquoi avez-vous sous-pondéré la poche obligataire fin mai ?

- Rachid Medjaoui: Nous assistons à un tournant sur l’évolution des taux d’intérêt obligataires aux Etats-Unis. Si depuis 2009 les phases de tensions marquées des taux longs se sont toutes révélées éphémères, il est probable que nous soyons rentrés dans une phase durable de hausse des rendements obligataires. Le renforcement de la croissance américaine conduira la Fed à réduire son soutien au marché obligataire (fin 2013), puis à débuter un resserrement monétaire classique (fin 2014). Pour autant, nous n’attendons pas in fine de remontées sensibles des taux longs. Au-delà des conditions macroéconomiques mondiales limitées (croissance modérée et inflation faible), la nécessité de faciliter le désendettement des agents économiques, en particulier celui des Etats, obligera les banques centrales à «réguler», et donc à contenir, l’évolution des taux longs. Ainsi, notre vision stratégique de remontée des taux longs pourra être ponctuée par des phases tactiques de repondération des obligations en cas de tensions excessives et rapides.

- Au sein des actions, quels actifs privilégiez-vous ?

- Ce début de sevrage obligataire risque de pénaliser transitoirement les segments de marché qui ont le plus profité des trois assouplissements quantitatifs de la Fed. Aussi, nous continuons de favoriser les actions développées au détriment des émergentes. L’Europe qui a moins bénéficié de ces liquidités est avantagée, comme les actions américaines qui devraient profiter d’un statut de valeur refuge et de l’appréciation du dollar. Nous privilégions durant cette phase de transition les grandes capitalisations plutôt que les moyennes et petites.

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