La Chine émet une nouvelle alerte sur l’état de ses finances locales

le 11/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un rapport de l’organisme d’audit des comptes publics chinois fait état d’une hausse de la dette locale de 13% sur les deux dernières années

Le ralentissement de la croissance en Chine pourrait ne pas être le principal motif d’inquiétude des autorités du pays. Dans un rapport publié hier, l’organisme d’audit des comptes publics chinois estime que la dette de 36 collectivités locales a accusé une hausse de 13% sur deux ans pour atteindre 3.850 milliards de yuans (475 milliards d'euros)fin 2012. Pour certaines collectivités, la hausse atteindrait même 20%, ce qui nécessite, selon l’autorité, «des mesures effectives pour renforcer la gestion de la dette» et la constitution d’un mécanisme d’alerte préventif pour se prémunir de tout risque de dérapage incontrôlé.

Le rapport pointe notamment du doigt un manque de systèmes de contrôle, des montages de dettes illégaux et une utilisation frauduleuse des fonds qui, couplée avec une baisse des recettes, met en péril la capacité de remboursement des gouvernements locaux. «Les agences locales avides de croissance se sont tournées en très grand nombre vers la douteuse finance de l’ombre pour emprunter des fonds destinés à financer des nouveaux projets d’infrastructures», indique la société de gestion GaveKal. Certains emprunts n’étant en outre garantis par aucun actif physique.

Et les autorités chinoises sous-estimeraient l’ampleur du problème. GaveKal estime que la dette des collectivités, directe et indirecte via les véhicules de finances, se situait entre 16.000 et 18.000 milliards de yuans fin 2012, soit entre 30% à 35% du PIB chinois. L’augmentation de la dette aurait même atteint 2.000 milliards en 2012, ce qui signifie que les «gouvernements locaux ont clairement dû avoir recours à des effets de leviers supplémentaires afin de financer les projets d’infrastructures de l’année précédente», selon GaveKal.

Si la croissance du crédit a atteint un rythme de 22% au premier trimestre, contre une croissance du PIB nominal de 9,6%, les chiffres d’avril ont cependant fait état d’un ralentissement du rythme de distribution de nouveaux crédits, à 667 milliards de yuans, après 793 milliards en mars. Et Pékin compte reprendre la main en démarrant dès les prochains jours des émissions d’obligations locales pour un montant qui pourrait atteindre 350 milliards de yuans en 2013. Par ailleurs, GaveKal rappelle que «compte tenu de la taille modérée de la dette de l’Etat central, Pékin peut facilement absorber la valeur totale des dettes des collectivités».

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