Bercy s'inquiète du destin d'Euronext

le 06/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pierre Moscovici a lancé une réflexion de place alors que les banques se font prier pour constituer un noyau dur

Bourse: Bercy s'inquiète du destin d'Euronext. Photo: PHB

L’ancien secrétaire général de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Thierry Francq, a moins d’un mois pour esquisser l’avenir d’Euronext. Il vient de se voir confier une mission à ce sujet par le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici. Celui-ci se dit soucieux des «enjeux majeurs en termes de financement de l’économie» du rachat de Nyse Euronext par ICE alors que le groupe américain a annoncé qu'il pourrait introduire en Bourse les marchés de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne.

«Ma mission va consister à analyser les scénarios possibles», explique à L’Agefi, Thierry Francq. Il s’agit selon lui «de pousser pour une stratégie qui soit favorable à l’économie française et à la zone euro dans son ensemble». Cela pourra passer par la constitution d’un tour de table mais «c’est un moyen, pas un objectif en soi». Le haut fonctionnaire compte avancer avec des partenaires européens et assure avoir déjà évoqué plusieurs pistes avec le ministre. Il ne souhaite cependant pas en parler avant la fin de sa mission le 1er juillet.

Sur la Place, certains redoutent qu’Euronext entame un long déclin faute d’investissements ou que l’entreprise soit rachetée par un concurrent peu soucieux du développement des activités sur le continent. Quelques Bourses ont déjà déclaré qu’elles pourraient s’intéresser au dossier comme l’américaine Nasdaq OMX ou la suisse Six. L’ancien patron de Chi-X chercherait par ailleurs à rassembler des fonds de capital-investissement. A Paris, Bercy a tenté de mobiliser des banques françaises et étrangères pour constituer un noyau d’actionnaires mais ces discussions n’ont pas encore débouché à ce jour. Il faut dire que beaucoup de professionnels des marchés sont remontés contre les décisions politiques comme la taxe sur les transactions financières, la hausse de la taxe sur les salaires, et le projet de taxe à 75%. «On a un problème d’écosystème», assure le président de l’Association française des marchés financiers (Amafi), Philippe Tibi. Dans l’entourage de Pierre Moscovici, on assure que la mission de Thierry Francq s’inscrit dans une «démarche globale» pour la Place, aux côtés de la création du PEA-PME, de la réforme de l’épargne financière ou encore de celle de la fiscalité des plus-values de cessions.

De son côté, Paris Europlace a annoncé le lancement d'un comité spécial Euronext qui rendra ses travaux fin juin. L'association a déjà planché avec Oliver Wyman et le BCG sur le rôle, respectivement, des banques et des investisseurs.

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