La BCE s'alarme du poids des dépôts bancaires étrangers en Lettonie

le 06/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Riga a reçu le feu vert de Bruxelles pour intégrer la zone euro mais la BCE estime que son système bancaire pourrait constituer une menace

Malgré ses déboires, la zone euro continue de s’élargir et devrait accueillir un dix-huitième membre. La Lettonie vient en effet de recevoir le feu vert de la Commission européenne pour entrer dans la zone euro.

«Nous en avons conclu que la Lettonie est prête à adopter l’euro à partir du 1er janvier 2014», a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn lors d’une conférence de presse. La décision définitive reste toutefois entre les mains des ministres de Finances de la zone euro qui se prononceront le 9 juillet. La BCE dont l’avis n’est que consultatif a elle aussi validé l’intégration de la Lettonie dans la zone euro mais a aussi mis en garde contre les risques que pourrait faire peser le système bancaire de ce pays de 2 millions d’habitants sur la stabilité financière.

Dans son rapport sur la convergence, la BCE estime que la part importante de dépôts détenus par les étrangers reste une source d’inquiétude majeure. «La dépendance d’une partie importante du secteur bancaire aux dépôts des non-résidents comme source de financement, même si ce n’est pas un phénomène nouveau, croît à nouveau et constitue un risque important pour la stabilité financière», souligne l’institution, échaudée par l'expérience de Chypre.

Les dépôts provenant de l’étranger en dehors de l’Union européenne ont atteint un peu moins de 7 milliards d’euros à la fin du premier trimestre soit environ un tiers du PIB letton. La BCE ne précise pas l’origine exacte de ces fonds, mais tout porte à croire qu’il s'agit de déposants russes étant donné les liens étroits entre les deux pays. Le montant des dépôts étrangers en Lettonie est bien plus faible que ceux qui étaient placés dans les banques chypriotes mais un transfert rapide hors du pays pourrait aussi constituer une menace.

Malgré ces critiques, la BCE estime que le petit Etat balte répond aux critères d’adoption de la monnaie unique. Elle évoque un faible taux d’inflation qui s’est chiffré à 1,3% en moyenne sur un an, des taux à long terme bas d’environ 3,8% en moyenne sur un an à fin avril, un déficit public peu élevé représentant 1,2% du PIB bien en dessous du seuil de 3%, et un taux de change stable. La BCE se félicite aussi des améliorations apportées à la législation locale pour renforcer l’indépendance de la Banque centrale de Lettonie qu’elle avait épinglée en 2012 dans son précédent rapport sur la convergence.

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