La BCE met en garde contre une résurgence de la crise de la dette

le 31/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rapport de stabilité financière de l'institution indique qu'en dépit d'une amélioration dans la zone euro, la situation reste fragile

Dans son rapport de stabilité financière semestriel, la «Financial stability review» publiée mercredi, la Banque centrale européenne recommande aux gouvernements de maintenir le cap des réformes structurelles notamment dans le secteur bancaire et fiscal pour éviter que la zone euro ne vacille à nouveau.

«La stabilité financière s’est améliorée mais elle reste fragile (…) en raison de la croissance faible et des vulnérabilités du secteur bancaire», a déclaré Vitor Constancio, le vice-président de la BCE lors d’une conférence de presse. Selon lui, la «déconnexion entre les progrès significatifs sur les marchés financiers et l’économie réelle», de même que «la situation de l’économie réelle qui affecte les banques» constituent une source d’inquiétude majeure.

L’institution de Francfort appelle les Etats à rester vigilants s’agissant des banques les plus fragiles qui sont menacées par une détérioration de leur qualité de crédit, et une forte hausse des créances douteuses. Elle met ainsi en garde contre le risque de résurgence des tensions sur les marchés de la dette souveraine en Europe.

Si la BCE salue les efforts d’assainissement des finances publiques réalisés ces dernières années, elle pointe aussi les fragilités persistantes qui demeurent dans certains pays de la zone euro, près de la moitié d’entre eux ayant renoncé à leurs objectifs initiaux de réduction de leur déficit budgétaire depuis le mois de décembre 2012. A l’image de la Commission européenne, la BCE plaide pour une accélération des réformes structurelles au sein des pays de l’Union afin de stabiliser la zone euro, et aussi de lutter contre le chômage.

Surtout, elle fait de la mise en place de l’union bancaire en Europe l’un des principaux enjeux pour la sortie de crise, et incite les gouvernements à avancer rapidement sur un sujet qui continue de diviser. Le mécanisme de supervision et de résolution bancaire unique sous l'égide de la Banque centrale européenne fait notamment l’objet des réticences allemandes. Pour Berlin, la mise en place d'une agence unique pour restructurer ou liquider les banques en faillite supposerait de modifier les traités européens, ce qui prendrait du temps alors que les ministres doivent boucler leurs discussions en juin.

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