La Banque centrale européenne pourrait réduire les décotes sur les ABS

le 29/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Evoquée par Ewald Nowotny, la mesure est l'une des pistes explorées pour relancer le canal du crédit dans la périphérie de la zone euro

Ewald Nowotny livre des pistes de réforme. Le banquier central autrichien, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré hier dans un entretien à Reuters que la Banque centrale européenne pourrait abaisser la décote appliquée aux titrisations (asset-backed securities) dans le cadre de ses opérations de financement. Un moyen pour elle de relancer le crédit aux PME.

«Ma propre priorité concerne les aspects structurels de la fourniture de liquidités, comme par exemple les structures des ABS, et cet aspect de la fourniture de liquidités est plus important que celui des taux d'intérêt», a expliqué Ewald Nowotny. Une diminution de la décote, qui peut aller jusqu’à 32%, «faciliterait bien sûr les financements, en particulier pour les PME».

La BCE explore depuis plusieurs mois et «à 360 degrés», selon les mots de son président Mario Draghi, les solutions qui lui permettraient de restaurer les canaux du crédit en Europe du Sud. La transmission aux entreprises de sa politique monétaire accommodante se retrouve entravée par les difficultés des banques dans la périphérie de la zone. Les PME n’ayant pas accès aux marchés financiers ont du mal à emprunter, ou alors à des conditions bien plus chères qu’en Allemagne, par exemple.

La relance de la titrisation est l’une des pistes à l’étude, mais le chantier est complexe. Outre la baisse des décotes lors des refinancements, des achats directs d’ABS ont été discutés. La BCE souhaiterait faire intervenir dans ce programme la Banque européenne d’investissement (BEI), qui pourrait soit se charger des achats directement, soit garantir les prêts aux PME qui serviraient de sous-jacents aux titres. Mais pour que le plan soit efficace, la BEI devrait elle-même accroître significativement sa force de frappe, et donc en appeler au soutien de ses actionnaires. Or ceux-ci sont les 27 Etats membres de l’Union européenne, ce qui dépasse le cadre de la zone euro.

«Il faudrait aussi avoir un système de notation objective des crédits titrisés de la part d’un tiers, explique un bon connaisseur du dossier. Or les agences de notation ne notent pas les PME. Et il est difficile de créer de toutes pièces dans les banques centrales nationales qui n’ont pas de réseau, comme en Europe du Sud, un système de cotation des entreprises comparable à celui dont dispose la Banque de France». La BCE n’a donc pas encore trouvé la martingale.

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