La désinflation contribue à aplatir les courbes de taux en Europe

le 13/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En tombant largement sous l'objectif de la BCE, l'inflation en zone euro pousse à la poursuite d'une politique monétaire très accommodante

Malgré la tension des rendements de ces derniers jours, l’aplatissement des courbes de taux souverains en Europe reste un des phénomènes marquants de 2013. Depuis le 1er janvier, les rendements français sur la partie 3-5 ans sont remontés de 10 à 15 points de base, tout en baissant de 5 à 10 pb sur les points de la courbe 6-10 ans, et de 4 à 5 pb au-delà. Les taux à 10 ans italiens et espagnols traitaient eux, le 10 mai, à 3,87% et 4,16%, contre 4,5% et plus de 5% respectivement début 2013.

La faiblesse des perspectives de croissance et la poursuite des politiques d’assouplissement des banques centrales, avec encore la baisse de 0,25 point du refi de la BCE début mai, contribuent au phénomène. Les anticipations d’achats d’emprunts d’Etat européens de la part des Japonais après les annonces de la BoJ ont aussi soutenu le mouvement. Ces flux commencent à se vérifier, puisque les investisseurs nippons sont devenus acheteurs net d’obligations étrangères pour la deuxième semaine consécutive à la date du 4 mai, selon des statistiques publiées vendredi.

Mais un nouvel élément prend une importance croissante aux yeux des économistes: la désinflation, voire la crainte de déflation en Europe. La croissance de l’indice des prix en zone euro est passée de 1,7% en mars à 1,2% en avril. Même si elle devait remonter en mai du fait de la volatilité saisonnière, la tendance sous-jacente est orientée à la baisse, notamment en raison des pressions sur les prix et les salaires en Europe du Sud. «Le processus de dévaluation interne dans la périphérie va réduire de manière structurelle l’inflation en zone euro, préviennent les économistes de Citigroup. Il faudra un stimulus monétaire supplémentaire si la BCE veut continuer à tenir sa cible d’une inflation ‘inférieure à mais proche des 2%’». Pour les stratégistes taux de BNP Paribas, «la faible inflation va tirer à nouveau les taux européens à la baisse».

Les pays d’Europe du Sud ont enfin été soutenus sur les marchés obligataires par des réinvestissements liés à d’énormes tombées et paiements de coupons en avril. Cet effet offre/demande devrait favoriser les taux italiens. «Dans le cas de l'Italie, l’offre nette des tombées d’ici à la fin de l’année est de 3 milliards d’euros seulement, soit 3% des émissions brutes qui restent à faire, alors que l’Espagne doit émettre en net 31 milliards d’euros, soit 50% de l’offre brute», soulignent les stratégistes de BNP Paribas.

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