L'économie sud-coréenne n'a pas encore ressenti les effets de la chute du yen

le 25/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pays a enregistré une croissance de 0,9% au premier trimestre, contre un consensus à 0,7%, avec une progression de 3,2% des exportations

L’économie sud-coréenne résiste à la chute du yen. La croissance a atteint 0,9% sur le premier trimestre de l’année (1,5% en rythme annuel), après une hausse de 0,3% au trimestre précédent et 0,7% anticipé par le consensus. La croissance devrait être soutenue par le plan de relance de 15 milliards de dollars lancé la semaine dernière par la présidente Park Geun Hye, dont 72% sont néanmoins concentrés sur le premier semestre. «Compte tenu du plan de relance annoncé et de l’amélioration des conditions économiques, la croissance pourrait encore s’accélérer dans les prochains mois» estime Kong Dong Rak, stratégiste chez Hanwha Investment & Securities. La Banque de Corée a abaissé ce mois-ci ses prévisions de croissance à 2,6% en 2013, contre 3,2% prévus il y a trois mois et après 2% en 2012.

Dans le détail, les investissements en équipements des entreprises ont progressé de 3%, mais reste en retrait de 11,5% sur un an. De plus, la consommation privée a reculé de 0,3%. Le rebond de la croissance repose principalement sur la hausse de 1,3% des dépenses publiques sur le trimestre, mais surtout sur celle de 3,2% des exportations de biens et services. Le commerce extérieur est pourtant fortement pénalisé par la chute du yen dû à la politique monétaire ultra-expansionniste mise en place par la Banque du Japon (BoJ).

Le won progressait ce matin de 0,2% contre dollar et yen, à respectivement 1.115,89 et 11,21. La devise sud-coréenne s’est appréciée de 22% contre yen sur les six derniers mois. Et le gouverneur de la Banque de Corée d’indiquer hier que les effets de la faiblesse du yen sur l’économie sud-coréenne commençaient à peine à se faire sentir. «La faiblesse du yen devrait se poursuivre sur le long terme, et nous suivons son évolution attentivement et de près», a ajouté Kim Choong Soo. Malgré la pression politique, la Banque de Corée devrait laisser ses taux directeurs inchangés après deux baisses de taux en juillet et octobre derniers qui les ont fait tomber à 2,75%.

L’activité sud-coréenne reste en effet très dépendante des exportations, la consommation intérieure étant fortement pénalisée par un endettement des ménages qui fait parti des plus élevés au monde. Selon les chiffres publiés hier par la Banque de Corée, l’endettement des ménages a atteint un record de 136% du PIB en 2012, après 134% en 2011, et représente 160% de leurs revenus disponibles. Le gouvernement a lancé le mois dernier un vaste de plan de désendettement des ménages. Un fonds de 1,3 milliard de dollars est créé et permettra de racheter aux institutions financières, avec une décote de 70%, des prêts de moins de 100 millions de wons et avec plus de six mois d’arriérés.

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