Credit Suisse doit encore convaincre de la justesse de sa stratégie

le 25/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La gestion de fortune du groupe n'a pas compensé sa banque d'investissement au premier trimestre 2013

Un rebond en trompe-l’œil. Credit Suisse a réalisé un bénéfice net de 1,3 milliard de francs au premier trimestre 2013 (1,05 milliard d’euros), contre seulement 44 millions un an plus tôt. Cette bonne tenue – le consensus d’analystes recueilli par Reuters anticipait 1,26 milliard – est liée à une forte baisse des charges. Brady Dougan, le directeur général, a indiqué hier que les réductions de coûts atteignaient déjà 2,5 milliards d’économies, sur les 4,4 milliards prévus à l’horizon 2015.

Les frais ont notamment été réduits de 13% au cours du trimestre (à 2,65 milliards) au sein des activités de banque d’investissement: les crises successives qu’a connues le secteur et la pression des actionnaires ont en effet conduit les dirigeants à réduire les rémunérations. Mais – ce qui n’est pas bon signe – le groupe précise que «la baisse a été partiellement neutralisée par la hausse des autres charges d’exploitation, due principalement à l’accroissement des provisions pour litiges». Au quatrième trimestre 2012, Credit Suisse avait déjà accepté de verser au moins 400 millions de dollars pour mettre un terme aux plaintes engagées par des investisseurs américains.

Dans un contexte de marché encore incertain, la banque d’investissement est toutefois parvenue à maintenir son produit net bancaire (PNB) à 3,95 milliards. Les légères progressions des revenus issus du négoce sur les taux (+3% à près de 2 milliards de francs) et des activités de conseil (+3% à 763 millions) ont compensé la chute de 5% enregistrée dans le trading sur le marché actions (à près de 1,3 milliard).

Mais le principal effet bénéfique sur le résultat net est purement comptable: la mise en valeur de marché de la propre dette de Credit Suisse a conduit la banque à passer des charges minimes (68 millions de francs), alors qu’il y a un an, ces charges représentaient 1,5 milliard de francs.

Plus inquiétant, la gestion de fortune – l’autre pilier du groupe helvète censé compenser la volatilité des activités de banque d’investissement – a souffert aussi au premier trimestre, pénalisée par l’environnement de taux bas. Malgré une collecte nette importante (12 milliards de francs essentiellement venus d’Asie), son PNB a reculé de 5% (à 3,3 milliards) et son bénéfice avant impôt de 7% (à 881 millions).

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