Le crédit reste sous pression pour les PME en zone euro

le 25/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les banques européennes ont continué de durcir leurs conditions au premier trimestre, selon la BCE, mais à un rythme moins élevé

BCE : le crédit aux PME reste sous pression. Photo: Simon Dawson/Bloomberg

Les conditions de crédit des banques de la zone euro ont continué de se resserrer au premier trimestre mais à un rythme moins élevé qu’auparavant, selon l’enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne (BCE) menée du 20 mars au 4 avril auprès de 135 banques. Les banques sondées indiquent que les standards de prêts se sont un peu détendus en Europe depuis la fin de l’année 2012.

Mais cela semble surtout être le cas pour les grandes entreprises alors que la situation paraît plus difficile pour les PME. Seules 4% des banques en net ont fait état d'un durcissement des prêts aux grandes entreprises contre 15% au quatrième trimestre 2012, un plus bas niveau depuis mi-2011. Pour les PME ce pourcentage atteint 7% contre 12% fin 2012.

Au-delà de l'offre, l’enquête confirme que la demande continue de baisser pour toutes les catégories de prêts «mais sans accentuation majeure», note Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities. En fait c’est surtout la demande des crédits des ménages qui s’est détériorée pour les crédits immobiliers (-26%) et le crédit à la consommation (-25%).

«Dans l’ensemble, ces résultats sont contre-intuitifs car ils signalent une légère amélioration des standards de prêts alors que la perception du risque européen s’est accentuée depuis le début de l’année», juge Bruno Cavalier. «Cette enquête n’est pas de nature à pousser la BCE à accélérer le pas en direction d’un programme de 'credit easing' (assouplissement monétaire)», poursuit-il.

Mark Wall, économiste chez Deutsche Bank estime en revanche que l’amélioration des standards de crédit, ainsi que la publication cette semaine d’indices sur l’activité en Europe (PMI) décevants, et la dégradation du climat des affaires en Allemagne plaident en faveur de mesures conventionnelles de la part de la BCE plutôt que non conventionnelles. Il s’attend ainsi à ce que l'institution francfortoise ramène son principal taux directeur à 0,5% contre 0,75% actuellement lors de sa réunion du 2 mai.

Ce sentiment est partagé par les investisseurs, et a continué hier à porter les principales places boursières européennes. Mais une baisse des taux même à un niveau historiquement bas ne réglera pas tout. «Le mécanisme de transmission continue à être entravé et nous continuons donc à étudier et réfléchir à ce que nous pourrions faire pour corriger la politique de transmission monétaire», a ainsi rappelé Vitor Constancio, le vice-président de la BCE.

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