La Banque Postale AM arrête son activité d'incubation

le 22/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Amlab va disparaître mais ses parts dans Mandarine Gestion et Delta AM seront conservées. Le groupe envisage par ailleurs de sortir de Thiriet Gestion

Avec le rachat de la BPE, bouclé début avril, la Banque Postale va désormais pouvoir s’atteler à l’équipement complet, y compris en crédit, de ses quelque 500.000 clients patrimoniaux. Ceux-ci bénéficieront des expertises de l’ex-filiale d’Arkéa, de Tocqueville Finance pour la gestion actions; ou encore, pour la gestion sous mandat, de LBP GP, la filiale à 50/50 créée avec Oddo et que la Banque Postale a vocation a détenir à 100% une fois que le litige financier opposant les deux partenaires aura été tranché par voie d’arbitrage.

Dans le même temps, la filiale de La Poste va rationaliser son dispositif pour éviter un effet «dispersion». Première décision: l’arrêt de ses activités d’incubation de jeunes sociétés de gestion d’actifs, qu’elle assurait depuis 2008 à travers Amlab. Détenu à 100% par La Banque Postale Asset Management, l’incubateur va disparaître. Dans les faits, Amlab était déjà en sommeil, et sa directrice générale, Irène d’Orgeval, a rejoint l’an dernier la nouvelle activité de fonds de dette immobilière et d’infrastructures que la banque a lancée.

Les participations d’Amlab dans Mandarine Gestion (15% du capital) et dans Delta AM (40%), toutes deux constituées en 2008, seront reprises en direct par LBP AM, qui a vocation à les conserver. Amlab avait soutenu la création d’une troisième société, Stelphia AM, vendue depuis à Global Equities.

La Banque Postale est satisfaite de ces investissements d’un point de vue financier. Mais l’activité d’incubation, qui consiste à investir du seed money dans un fonds en échange d’une part au capital de la société de gestion, est jugée trop contraignante et trop éloignée des priorités du groupe. Dans l’asset management français, le nombre d’incubateurs rétrécit d’ailleurs à vue d’œil: ceux d’Ofi AM et de La Française AM ont annoncé leur rapprochement le 15 avril. Reste le fonds Emergence, lancé à l’initiative de France Innovation et Paris Europlace.

Selon des sources proches du dossier, LBP AM réfléchit d’autre part à l’avenir de sa participation de 33,4% dans Thiriet Gestion, un spécialiste de la gestion flexible créé en 2004. L’issue la plus logique serait une cession des parts au profit des dirigeants, déjà majoritaires. Constitué en 2008, cet investissement est purement financier. La part est valorisée à 4 millions d’euros dans les comptes de la Banque Postale à fin décembre 2012.

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