Le soutien au crédit de la BoE se fait sentir sur le marché des RMBS

le 27/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Funding for Lending Scheme offre des conditions de financement avantageuses pour les banques, qui se détournent de la titrisation

Le mécanisme de soutien au crédit, le Funding For Lending Scheme (ou FLS), lancé par la Banque d’Angleterre (BoE) l’été dernier se fait significativement ressentir sur le marché des titrisations adossées à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS). Il a contribué à réduire le volume d’émissions et faire baisser très significativement les spreads sur cette classe d’actifs.

Pour mémoire, le FLS permet aux banques de se financer à moindre coût auprès de la BoE en fonction des prêts qu’elles accordent à l’économie réelle, c'est-à-dire aux entreprises non financières et aux ménages. Barclays était la banque qui avait le plus profité du FLS à la fin de 2012, selon les données de la banque centrale. Elle avait emprunté à la BoE, 6 milliards de livres contre 3 milliards de livres pour Lloyds et 2 milliards de livres pour Nationwide (ces chiffres devraient être mis à jour fin mars).

Or, «avec un taux de Libor 3 mois à presque 50 points de base auquel doivent s’ajouter les marges d’émission des différentes tranches, le financement par titrisation n’est donc pas compétitif face au FLS», écrivait récemment Henri de Mont-Serrat, analyste ABS & CDO, chez Natixis. «Sauf peut-être à terme pour Santander dont le coût d’emprunt au FLS est aujourd’hui supérieur au niveau théorique des coupons des RMBS UK de notation AAA».

Comme plusieurs de ses confrères, l’analyste estime qu’il devrait y avoir très peu de nouvelles émissions de RMBS britanniques cette année (le FLS doit prendre fin début 2014) «même si certaines banques comme Santander pourraient être amenées à revenir sur le marché de la titrisation compte tenu du coût actuel d’utilisation du FLS». Par ailleurs, les tranches pour lesquelles les options d’achats approchent ne devraient pas être financées par de nouvelles émissions mais rachetées par les banques sponsors.

Le marché primaire des RMBS n’est pas le seul à faire les frais du FLS. Certes, les spreads se sont massivement resserrés sur toutes les classes d’actifs depuis que le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a annoncé son programme de rachat de dette souveraine l’été dernier. Cependant, le manque d’émission sur les RMBS de bonne qualité britannique a amené leurs spreads encore plus bas. «Dans ce contexte, les investisseurs toujours à la recherche de rendement ont migré vers d’autres types de RMBS, offrant de meilleures rémunérations, tels que les RMBS 'buy-to-let' et 'non conforming'», selon Henri de Mont-Serrat.

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