L’Efama demande une étude d’impact sur le projet européen de limiter le bonus des gérants

le 27/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’organisation représentative de la gestion européenne s’alarme des conséquences de l’encadrement des rémunérations des gérants sur l'industrie

La décision par la commission des Affaires économiques du Parlement européen de limiter les bonus versés aux gestionnaires d’actifs inquiète l’Efama. A l’occasion hier d’un point presse à Londres, l’organisation représentative des gérants européens a fait savoir qu’elle allait demander une étude d’impact sur cette décision européenne : «Nous sommes actuellement dans une phase d’information et nous demandons à ce que l’on réfléchisse plus profondément aux implications de ce vote», a souligné Peter de Proft, directeur général de l’Efama.

Le souhait par le législateur que le montant de la rémunération variable ne puisse dépasser le salaire fixe pose problème : «Nous soutenons l’idée d’un surcroît de transparence », a avancé Massimo Tosato, vice-président exécutif chez Schroders, «cependant nous avons besoin de maintenir ce principe de flexibilité afin de rémunérer les performances. C’est un levier important qui permet d’équilibrer les bonnes et les mauvaises années mais aussi de rester compétitifs dans d’autres marchés à l’extérieur de l’Europe».

Selon les dirigeants de l’Efama, cette décision européenne est d’autant plus dommageable qu’elle a été prise dans le cadre de la nouvelle législation qui doit encadrer les OPCVM (ou Ucits). «Cette décision pose un réel danger pour la marque Ucits », a regretté Massimo Tosato. Dans l’ensemble, les gérants de l’Efama se sont étonnés du traitement réservé aux gérants d’actifs alors qu’ils «n’ont pas été responsables de la crise financière et n’ont pas davantage coûté d’argent aux contribuables» selon Massimo Tosato. Le dirigeant s’est aussi ému de l’absence de conditions de concurrence équitables avec d’autres secteurs de l’industrie financière à l’image de l’assurance, qui n’est pas concernée par cette décision européenne.

Parmi les autres dossiers épineux, l’Efama a aussi regretté la création de la taxe sur les transactions financières, qui sera mise en œuvre dans onze pays européens. Une initiative qui risque de pénaliser de manière significative l’investisseur final : «Cette taxe va réduire le niveau de retraites des citoyens européens», a conclu Peter de Proft.

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