La France réussit sa nouvelle émission obligataire à 30 ans

le 27/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Agence France Trésor a placé pour 4,5 milliards de sa nouvelle OAT à maturité 2045. La demande a atteint près de 8 milliards d'euros

La demande reste soutenue pour la dette française. Malgré les perspectives économiques moroses du pays et la perte l’an dernier de sa note triple A, ôtée par les agences Moody’s et Standard and Poor’s. Paris a réussi à émettre hier pour 4,5 milliards d’euros via sa nouvelle OAT (obligation du Trésor français) de référence 30 ans, soit la maturité la plus longue pour une obligation souveraine française depuis 4 ans.

Les investisseurs ont répondu présent avec une demande qui a atteint un montant proche de 8 milliards d’euros, a indiqué l’Agence France Trésor (AFT). Ce nouveau titre à 30 ans est assorti d'un taux de rendement de 3,26%, soit le plus bas jamais offert par la France pour une telle maturité.

Cette nouvelle obligation a été émise par syndication avec pour chefs de file de l’opération les banques Barclays, BNP Paribas, Morgan Stanley, Royal Bank of Scotland et Société Générale. Ce mode d’émission est plutôt rare pour l’AFT qui opère généralement via des adjudications.

Si l’on se penche sur la typologie des investisseurs, la demande a été prépondérante du côté des banques (33%), des gestionnaires d’actifs (31%), des compagnies d’assurance et fonds de pension (20%), et des gestionnaires alternatifs (16%). Les investisseurs européens, souvent contraints par leur politique d’allocation de procéder à des placements de long terme, ont montré un fort appétit pour la dette française.

L’allocation a surtout été plébiscitée par les investisseurs britanniques (48%) et français (23%). Les investisseurs italiens (10%), scandinaves (10%), et allemands (7%) ont également manifesté leur intérêt. Plusieurs sources proches des banques spécialistes en valeurs ont indiqué à Reuters que la nouvelle OAT à 30 ans était attendue par les investisseurs depuis un certain temps mais que son lancement avait dû être reporté en raison de l'impact de la crise chypriote sur le marché de la dette en zone euro.

A l’issue de cette transaction, la France a réalisé 36 % de son programme de financement 2013 en termes d’émissions brutes soit 61,3 milliards d’euros sur les 169 milliards d’euros visés, précise l’AFT. L’an dernier, à la même période, le Trésor avait réalisé 33,2% de son programme de financement soit l’équivalent de 59,07 milliards d’euros sur un plan de financement global de 178 milliards d’euros.

A lire aussi