La BCE, dernier des Mohicans

le 21/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BCE va jouer le rôle du dernier des Mohicans en matière d’orthodoxie monétaire. Tour à tour, les Etats-Unis, le Japon et la Grande-Bretagne ont modifié les critères sur lesquels leur politique monétaire doit être fondée, en donnant moins de poids à l’inflation et davantage à la croissance et à l’emploi. Tokyo assume depuis la fin 2012 une politique expansionniste forcenée, qui vise explicitement à «reflater» l’économie. La Fed de son côté a ajouté un objectif d’emploi à sa réflexion, en excluant toute remontée des taux tant que l’inflation ne dépassera pas 2,5% mais aussi tant que le chômage ne sera pas inférieur à 6,5%. Hier Londres a modifié son approche. Le chancelier de l’Echiquier George Osborne a proposé un changement de mandat de la Banque d’Angleterre pour lui donner plus de souplesse dans les temps de récession. Son idée est proche de celle de la Fed: il s’agirait d’autoriser la Banque d’Angleterre à s’engager sur un horizon de maintien de taux bas en fonction d’objectifs de croissance et d’emploi. Ce recul relatif mais important du poids de l’inflation comme critère monétaire central est aux antipodes de la pensée européenne sur le sujet. Les Allemands en font un «casus belli».Cette divergence de fond n’est pas de bon augure: elle ne facilitera pas le dialogue entre banquiers centraux des pays développés dont la coopération a été si importante dans l’apaisement des tensions nées de la crise financière.

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