La Troïka donne plus de temps au Portugal pour redresser ses finances

le 18/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les pays est confronté à une récession beaucoup plus profonde qu'attendu. Il doit toujours revenir sur les marchés cette année

La Troïka vient d’accorder une nouvelle bouffée d’air au Portugal. Devant la récession profonde que traverse le pays, la BCE, la Commission et le FMI ont décidé de lui donner un an de plus, jusqu’à 2015, pour ramener ses finances publiques dans les clous du pacte de stabilité. Les institutions avaient déjà offert un délai de grâce à Lisbonne en 2012.

La Troïka estime que le programme de redressement économique du pays décidé lors de son sauvetage au printemps 2011 est correctement appliqué. Le Portugal continue d’assainir ses finances publiques et de mettre en œuvre des réformes structurelles. Mais il est confronté aux conséquences de l’austérité, à la faiblesse de la demande extérieure, à l’endettement du secteur privé et aux difficultés de financement des entreprises, particulièrement des PME. La récession sera donc largement plus profonde que prévu. Après avoir reculé de 3,2% en 2012, le PIB devrait baisser de 2,3% cette année. Ce n’est qu’au cours de 2014 que la reprise pourrait se faire sentir. Et encore très légèrement, avec une croissance de 0,6% du PIB. Le chômage devrait dépasser les 18%.

Pour éviter que la situation ne s’aggrave davantage, le gouvernement a demandé à revoir ses objectifs de consolidation budgétaire et la Commission se dit prête à accorder ce délai. Officiellement, le déficit a atteint 4,9% du PIB en 2012, en ligne avec les demandes des bailleurs de fonds. Mais il devrait augmenter compte tenu du traitement comptable de la concession d’un aéroport. Ce déficit ne devra plus être ramené à 4,5% du PIB d’ici à la fin de l’année mais à 5,5%. En 2014, l’objectif de déficit sera de 4% du PIB (contre 2,5%). Ce n’est qu’en 2015 qu’il passera en dessous de la barre des 3%, déterminée par le pacte de stabilité. La dette devrait de son côté plafonner à 124% du PIB.

En mai, le FMI et l’Union devraient confirmer le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide de 2 milliards d’euros (sur 78 milliards) et l’allongement de la maturité des prêts accordés au pays par les fonds des secours européens. De quoi accompagner le retour définitif du pays sur les marchés prévu cette année. Les taux de la dette à 10 ans ont baissé depuis l’été dernier. Ils étaient à 5,82% vendredi. Après l’émission de titres à 5 ans en janvier, la première depuis avril 2011, le ministre des finances du pays a annoncé une nouvelle sortie sur les marchés «dans les semaines à venir».

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