Le FMI prédit un effort sans précédent pour les créanciers juniors espagnols

le 07/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La mise à contribution des créanciers bancaires subordonnés devrait couvrir 25% des besoins en capitaux des banques espagnoles selon le Fonds

Les créanciers bancaires juniors espagnols vont être malmenés. Photo: PHB

Le fonds public d’aide au secteur bancaire espagnol, le Frob, pourrait devoir remettre au pot s’il veut se défaire de Catalunya Banc. C’est en tous cas ce que souhaitent plusieurs acquéreurs potentiels de la banque en difficulté que le gouvernement ne parvient pas à céder. Les différentes banques intéressées par l’acquisition de la caisse d’épargne catalane, dont notamment Banco Sabadell et Banco Popular, demandent à l’Etat d'injecter 5,5 milliards d’euros supplémentaires pour couvrir des pertes liées à l'effacement des crédits d’impôts différés, a rapporté hier El Mundo. Le gouvernement aurait proposé 1,6 milliard, précise le quotidien qui cite des sources anonymes. Ces révélations interviennent alors que le Frob a annoncé mardi la suspension du processus de vente faute d’offre suffisante. Selon Reuters, l’Espagne envisagerait une fusion partielle ou totale entre les banques nationalisées Catalunya Banc et Bankia.

Ces spéculations montrent que l’assainissement du secteur bancaire espagnol est loin d'être terminé. Dans un rapport publié mardi, le Fonds monétaire international (FMI) souligne les progrès accomplis pour remettre sur les rails les banques de la Péninsule, mais l’institution met aussi en garde sur les risques qui continuent de peser sur l’économie du pays ce qui nécessite de maintenir une surveillance accrue des établissements financiers.

«Le nettoyage des banques sous-capitalisées a atteint un stade avancé», juge le FMI. Il précise que la mise à contribution des créanciers bancaires subordonnés a notamment permis de limiter le coût des recapitalisations pour l’Etat. Les décotes qui seront imposées aux créanciers juniors et actionnaires de préférence devraient couvrir 25% des besoins en capitaux des banques espagnoles en difficulté, soit environ 12,7 milliards d’euros estime le FMI. Ces efforts, qui seront demandés aux créanciers juniors espagnols, s’annoncent comme sans précédent dans l’histoire récente européenne, ajoute le fonds. Ceux de Banco de Valencia ont déjà dû renoncer à près de 90% du montant de leur créance. Alors que les stress tests bancaires de septembre 2012 avaient chiffré à 55,9 milliards d’euros les besoins en capitaux supplémentaires pour le secteur, le montant total d’aides publiques devrait se limiter à 38,8 milliards, conclut le FMI.

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