L’Irlande et le Portugal sur la bonne voie

le 05/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’Eurogroupe s’est penché sur l’extension des maturités des prêts à ces deux pays « sur les rails »

Etendre les maturités des prêts accordés à l’Irlande et au Portugal dans le cadre de leur sauvetage financier permettrait aux deux États membres de soulager leurs finances publiques en lissant dans le temps les pics de remboursement de la dette contractée. « Un retour au financement normal sur les marchés est possible. Il faut trouver la juste récompense pour ces efforts », a considéré le ministre français de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici.

Selon le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, les discussions ont porté sur les stratégies de sortie des programmes irlandais et portugais qui « sont sur les rails malgré des circonstances macroéconomiques difficiles ». Il s’est limité à reconnaître que la question d’une extension des maturités des prêts accordés aux deux pays avait été soulevée, constatant la « flexibilité » des Dix-sept à apporter une réponse positive aux requêtes irlandaise et portugaise.

Ces discussions se poursuivront aujourd’hui à vingt-sept puisque l’extension évoquée concerne non seulement les prêts du Fonds européen de stabilité financière (FESF), le fonds de sauvetage provisoire de la zone euro, et le Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF), un fonds géré par la Commission européenne au nom de l’Union Européenne. Si un accord est trouvé lors du Conseil Écofin, la Commission demandera à la «troïka» (Commission, BCE, FMI) de « trouver la meilleure option possible », a indiqué le commissaire chargé de l’euro, Olli Rehn. Le ministre irlandais Micheal Noonan avait fait savoir que son pays demandait une extension moyenne de la maturité de ses emprunts à 15 ans. En juillet 2012, Dublin avait bénéficié d’une baisse des taux d’intérêt et d’un allongement des maturités assortis à ses prêts (de 5 ans et demi à 12 ans et demi) qui lui ont permis d’économiser 11 milliards d’euros.

Accueillant le nouveau ministre chypriote Michalis Sarris, l’Eurogroupe a demandé une accélération des négociations visant à aboutir, dans la deuxième quinzaine de mars, à un accord sur le sauvetage de Chypre. Il s’est félicité que le nouveau gouvernement chypriote accepte la tenue d’un audit indépendant sur l’application des règles anti-blanchiment. Même si la composition du groupe d’experts - une société privée pour les Européens, des inspecteurs du Conseil de l’Europe pour Nicosie - divise encore les partenaires. Michalis Harris a, par ailleurs, rejeté toute perte financière imposée aux épargnants clients de banques établies à Chypre, craignant un risque de fuite des capitaux.

Pierre Moscovici a appelé le Royaume-Uni à accepter aujourd’hui l’accord politique de principe sur le paquet CRD4 qui introduit les normes bancaires de Bâle 3 dans l’Union Européenne et prévoit une limitation des bonus des dirigeants bancaires. « Tout le monde peut et doit vivre avec ces dispositions. Je ne crois pas du tout qu’il faille les accommoder pour un pays », a considéré le ministre, n’excluant pas que Londres invoque la défense de ses intérêts stratégiques.

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