Le volume de crédit à l'habitat restera sous pression en 2013

le 28/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les taux d'intérêt historiquement bas n'ont pas suffi à soutenir la demande de crédit immobilier résidentiel, relève l'étude annuelle du Crédit Foncier. La production a chuté de 29% en 2012

Le volume de crédit à l'habitat devrait rester sous pression en 2013. Photo: PHB

La conjoncture économique et les contraintes prudentielles imposées aux banques ont pesé l’an dernier sur la production de crédits immobiliers à l'habitat, une tendance qui devrait se poursuivre en 2013. «Dans un contexte économique dégradé, le marché de l’immobilier résidentiel devrait poursuivre sa baisse. Le volume des crédits engagés pourrait se contracter en 2013 pour atteindre un niveau légèrement supérieur à 100 milliards d'euros soit une baisse d’environ 12% par rapport à 2012», a indiqué hier Stéphane Imowicz, directeur général du Crédit Foncier Immobilier. «Nous nous attendons à une poursuite de la tendance baissière sur le marché du crédit immobilier en 2013 mais ce mouvement devrait ralentir avant un redémarrage modeste en 2014», anticipe Christophe Pinault, directeur général délégué du Crédit Foncier Immobilier.

Le niveau historiquement bas des taux d’intérêt d’emprunt immobilier (3,23%) n’a en effet pas suffi à soutenir la demande des particuliers. En 2012, la production de crédits immobiliers a chuté de près de 29 % pour atteindre 115 milliards d’euros. Dans le même temps, la durée moyenne des prêts a reculé de 4 mois par rapport à la moyenne constatée en 2011 pour s’établir à 210 mois soit 17,5 ans dans un contexte réglementaire qui rend plus difficile l’octroi de financement sur la durée.

«Nous sommes arrivés à un point bas. Ce chiffre devrait se stabiliser», estime Stéphane Imowicz. Le Crédit Foncier refinance ses clients sur une durée moyenne de 22 ans, souligne de son côté Bruno Deletré, le directeur général du groupe. Sur le marché de l’ancien, le Crédit Foncier table sur une réduction de 12% des transactions en 2013 soit 570.000 ventes après une chute de 20% l’an dernier. La baisse des prix observée en 2012 devrait se poursuivre. La fourchette d'évolution des prix à Paris est estimée entre 0% et -5%, contre un repli compris entre -7% et -10% dans les «zones moins tendues» (hors Paris et Ile-de-France).

Pour le marché du neuf, la production de logements pourrait reculer de près de 7% en 2013. Pour les bureaux en Ile-de-France, le Crédit Foncier table sur une demande placée de 2,1 milliards de m2 contre 2,2 milliards l'an dernier, et un niveau d'investissement en légère baisse à 14 milliards d’euros pour la France entière contre 14,5 milliards en 2012.

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