Les faucons font résonner leur voix au sein du comité de la Fed

le 21/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le ton plus restrictif des minutes de la Fed a entrainé un rebond du dollar à 1,3276 contre euro et une chute de 1,24% de l’indice S&P500

Le poids des faucons progresse chez les membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC). «Un certain nombre de participants ont été d'avis qu'une évaluation en cours de l'efficacité, des coûts et des risques du programme de rachats d'actifs pourrait amener le comité à diminuer ou à cesser ses rachats avant qu'il ne juge qu'une amélioration substantielle des perspectives pour le marché de l'emploi ait eu lieu». Telle est la phrase extraite des minutes de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed publiées hier soir qui a entraîné une hausse du dollar à 1,3276 contre euro, contre 1,3389 mardi soir, et une chute de 1,24% de l’indice S&P 500, à 1.511,95 points. L’indice VIX de volatilité gagnait 19% à 14,68, sa plus forte hausse depuis le mois de novembre 2011.

Une réaction qui semble excessive aux yeux de certains économistes. «Les minutes donnent aux membres votants et non votants un poids identique, alors que la déclaration du FOMC ne reflète que les votants, les minutes ont donc un biais relativement plus restrictif» estime Citigroup. Sans compter qu’à la réunion de décembre, les mêmes faucons de la Fed avaient estiméque le programme pourrait devoir être arrêté «dès la fin de 2013». «Le fait de retirer toute date butoir laissent à penser que les discussions ont été moins vives qu’en décembre» estime Barclays. En cause : la taille du bilan qui a atteint 3.078 milliards de dollars et pourrait dépasser les 4.000 milliards si le programme QE3 est maintenu sur l’ensemble de l’année.

D’autant que concernant l’activité aux Etats-Unis, les minutes révèlent que «les perspectives économiques ont peu changé ou se sont modestement améliorées par rapport à la réunion de décembre». La quasi-totalité des membres s’accordent à anticiper un taux d’inflation qui reste sous les 2% et un taux de chômage restant bien au-dessus de son niveau d’équilibre de long terme, malgré une amélioration des conditions de crédit et de la confiance des sociétés.

Dans ce contexte, la Fed de New-York a annoncé qu’elle conduisait un programme pilote d’un an visant à diversifier son exposition en accentuant ses rachats d’actifs auprès des «primary dealers» qui bénéficient d’une licence pour effectuer des opérations avec la banque centrale et leur permettant de prendre part aux adjudications du Trésor américain. Cinq nouveaux courtiers de petite taille viendront ainsi s’ajouter aux 21 avec qui la Fed traite actuellement.

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